Le Premier ministre a noté une amélioration des indicateurs économiques et financiers en 2021.

Par Khaled Remouche
Lors de la présentation, dimanche dernier, du Projet de loi de finances (PLF) 2022 devant la commission finances de l’APN, le ministre des Finances Aïmène Benabderrahmane a indiqué que le déficit budgétaire d’environ 4 000 milliards de dinars sera financé par les économies du fonds de régulation des recettes et les mécanismes du Trésor. En fixant un prix de référence du baril de 45 dollars et un prix du marché de 50 dollars dans le projet de loi de finances 2022, le gouvernement table sur des prix du pétrole plus élevés l’an prochain, en espérant que ce scénario, qui recueille le consensus de plusieurs spécialistes pétroliers et d’institutions financières internationales, puisse se concrétiser. Au cours de cette séance, le Premier ministre et premier responsable du secteur a noté une amélioration des indicateurs économiques et financiers en 2021, visibles, selon lui, à travers sa présentation devant cette commission des prévisions de clôture de l’année 2021. La moyenne du prix du baril en 2021 est estimée, a-t-il indiqué, à 65 dollars contre une moyenne qui s’est établie à 41,8 dollars le baril en 2020. Le ministre des Finances note que la bonne tenue des prix du pétrole et la croissance du secteur des hydrocarbures ont constitué la principale variable à la source de cette amélioration des indicateurs économiques et financiers en 2021. Les exportations d’hydrocarbures devraient atteindre 32,4 milliards de dollars l’année en cours, soit un gain de 12,3 milliards de dollars du fait d’une amélioration des cours du brut (55%) et d’une augmentation du volume des exportations d’hydrocarbures (11,7%). Le Projet de loi des finances prévoit des recettes hydrocarbures à hauteur de 27,9 milliards de dollars en 2022. Le redressement du secteur des hydrocarbures, 10,3% de croissance en 2021, contre -10,2%, a contribué fortement à la croissance économique qui devrait se clôturer à +4,4%, en 2021, contre -4,5% en 2020. Le gouvernement table sur un taux de croissance de 3,3% en 2022. En revanche, l’année devrait se terminer avec une inflation en moyenne annuelle de 4,9%, soit une forte inflation, ou une hausse des prix importante (2,4% d’inflation en 2020). Cette inflation devrait baisser légèrement par rapport à l’année en cours selon le Projet de loi de finances 2022 : 3,7%.
Résultat de cette amélioration, en particulier, des indicateurs macro-financiers, le gouvernement prévoit un recul du déficit de la balance des paiements à – 5,3 milliards de dollars. Ce qui veut dire tout simplement selon ces prévisions de clôture, de moindres pressions sur les réserves de change. Le déficit de la balance des paiements s’est situé à -16,4 milliards de dollars en 2020. La balance commerciale enregistrera, en ce sens, un solde positif en 2021, soit + 2,35 milliards de dollars. Cette présentation comme à l’accoutumée occulte la balance des services et, en particulier, l’importance des importations de services. Une balance qui constitue une composante de la balance des paiements et qui, ces dernières années, a été l’une des sources du déficit de la balance des paiements avec des importations de services estimées à 11, 12 milliards de dollars. Ce frein à la fonte des réserves de change en 2021 est, sans doute, outre les retombées de la hausse des prix du pétrole, dû aux restrictions aux importations mais également à la réduction des transferts en devises résultant des travaux d’études et d’ingénierie confiés aux sociétés étrangères et le recours de plus en plus aux moyens nationaux pour réaliser des projets qui étaient auparavant attribués aux sociétés étrangères.
Encore une fois, c’est le pétrole qui est à la source de cette relative amélioration de la situation financière et qui reste un facteur de vulnérabilité de l’économie nationale. Il suffit que les prix du pétrole chutent en 2022 pour que cette reconstitution du fonds de régulation des recettes, en particulier, soit stoppée, aggravant les difficultés financières du pays. Le salut est donc et toujours la diversification de l’économie. <