Les prix du pétrole conservaient leur tendance haussière, hier, à quelques heures de la fermeture hebdomadaire. Dans un marché évoluant déjà avec les réductions volontaires opérées par l’Opep et ses partenaires depuis le début de l’année 2019, d’autres baisses conséquences de conflits politiques ou armées, entre autres en Libye, viennent tirer davantage vers le bas l’offre mondiale de brut.
A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin affichait un prix de 71,58 dollars sur l’Inter Continental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 75 cents par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain de Texas Light Sweet pour le contrat de mai gagnait 87 cents, atteignant 64,45 dollars. Mercredi, le marché avait fait mieux avec un baril de Brent de la mer du Nord à 71,78 dollars et un baril WTI WTI à 64,79 dollars, soit les plus hauts niveaux depuis le mois de novembre dernier. «Ces gains étaient dus aux craintes de perturbations de l’offre en Libye, où de violents affrontements ont repris, et aux baisses volontaires de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires», a commenté Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.
A la baisse de la production s’ajoute le recul des réserves, a indiqué, mercredi, l’Agence internationale de l’Energie (AIE), poussant les regards à se tourner vers les réserves de brut des pays de l’Ocde, indicateur clef du marché. «Le vent tourne enfin, puisque selon l’AIE, les réserves ont nettement reculé en février après trois mois de hausse», a commenté Stephen Brennock, analyste chez PVM.
Ces réserves se trouvent aujourd’hui près de la moyenne visée à travers l’accord Opep-non Opep. Ce qui fait dire à Brennock qu’«avec un marché assez tendu, cet objectif est à portée de main, ce qui serait une victoire» pour l’Organisation. Reste à savoir si l’Opep compte agir pour éviter aux prix de monter trop vite, ce qui pèserait sur la demande mondiale. Certains membres voudraient augmenter leur production, a rapporté l’agence Reuters, citant des sources proches du dossier. Et il n’est pas exclu qu’une décision soit prise dans ce sens lors de la prochaine réunion, les 25 et 26 juin.
A noter que durant le mois de mars, la moyenne des prix du panier de référence de pétrole brut de l’Opep (ORB) a connu une hausse de 2,54 dollars comparativement à celle de février, pour atteindre 66,37 dollars le baril, selon le rapport mensuel de l’Organisation publié mercredi. Introduit en 2005, ce panier comprend actuellement le Sahara Blend (Algérie), Girassol (Angola), Djen (Congo), Oriente (Equateur), Zafiro (Guinée Equatoriale), Rabi light (Gabon), Iran Heavy (Iran), Basra Light (Irak), Kuwait Export (Koweït), Es-Sider (Libye), Bonny Light (Nigéria), Arab Light (Arabie saoudite), Murban (Emirats arabes unis) et Mery (Venezuela).