“America was not built on fear. America was built on courage, imagination and unbeatable determination to do the job at hand”
(Harry S. Truman, former President of the USA)

“I had always hoped that this land might become a safe and agreeable asylum to the virtuous and persecuted part of mankind, to whatever nation they might belong”
(George Washington, former president of the USA).

Par Arezki Ighemat
Dans sa campagne électorale et pendant les quatre années de son premier mandat de président, Donald Trump a utilisé deux slogans politiques principaux. L’un est « Make America Great Again » (MAGA); l’autre est: « America First”. Le premier — qui signifie « Rendre l’Amérique Grande à nouveau » — met l’accent sur la politique nationale. Le second — qui signifie « L’Amérique d’abord » — concerne la stratégie au plan international. Même si les deux slogans sont intimement liés — tout ce à qui se fait au niveau national a des répercussions sur la scène internationale et vice-versa — nous nous concentrerons, dans le présent article, sur le premier slogan. La question essentielle que nous posons et à laquelle nous tenterons de répondre est la suivante : « Trump a-t-il réellement, au cours des quatre années de son premier mandat, rendu l’Amérique « Great » comme le clame le slogan ou a-t-il plutôt rendu l’Amérique « gloomy » (sombre et dépressive) ? Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord comment est né ce slogan et qu’est-ce qu’il signifie. Nous verrons ensuite qu’en fait de rendre l’Amérique « grande à nouveau », Trump a rendu l’Amérique sombre et dépressive dans tous les domaines de l’activité sociale.

De « Make America Great Again” (MAGA)…
Faisons remarquer que le slogan « Make America Great Again » utilisé par Trump et son opposé « Make America Gloomy Again » (phrase que nous avons créée pour contrecarrer celle de Trump) ont le même acronyme « MAGA ». Ce jeu de mots, qui est humoristique en première instance, montre qu’en changeant un mot dans le slogan, on peut en changer radicalement le sens. Il faut aussi rappeler que ce slogan — qui signifie « rendre l’Amérique puissante à nouveau» — a été utilisé par plusieurs présidents américains, notamment les Républicains, lors de leurs campagnes électorales présidentielles. Selon certaines sources, il a été utilisé pour la première fois par Ronald Reagan durant sa campagne électorale en 1980. Selon certaines autres sources, il a été créé en 1979 au moment où les Etats-Unis connaissaient des niveaux de chômage et d’inflation élevés. Lorsque Donald Trump a annoncé en 2015 qu’il était candidat à la présidence, il a déclaré « We are going to make our country great again » (nous allons rendre notre pays grand à nouveau). Parlant plus précisément de l’économie, il ajoutera « I will be the greatest jobs president of the United States » (Je serai le président américain qui aura créé le plus d’emplois). Depuis cette date, son slogan principal de campagne est « Make America Great Again » (MAGA). Dans une déclaration faite en mars 2015, Trump aurait dit « La phrase « Make America Great Again » est la mienne ; je l’ai créée il y a une année et je l’ai utilisée depuis, et aujourd’hui, tout le monde l’utilise et l’adore ». Il ajoutera : « Je ne sais pas, mais je pense que je devrais la soumettre au Copyright, peut-être l’ai-je déjà fait ». Effectivement, Trump a enregistré cette phrase et a eu une patente pour cela. Le problème est que Trump n’est pas le premier à l’avoir utilisée. Par exemple, Ronald Reagan et George H.W. Bush ont utilisé une phrase similaire : « Let’s make America Great Again » lors de leurs campagnes électorales en 1980. Trump dira que Ronald Reagan ne l’a pas enregistrée comme brevet et que lui, par contre, comprenant parfaitement le marketing, l’a fait. Bill Clinton a aussi utilisé la phrase en déclarant, lors de sa campagne électorale en 1991: « I believe that, together, we can make America great again ». Il l’a rejetée après lorsqu’il demanda aux électeurs de « Make America great again economically, educationally and socially » (rendre l’Amérique grande à nouveau économiquement, sur le plan éducatif et socialement). Dans son livre « Time to Get Tough : Making America #1 Again », publié en 2015 par Regnery Publishing, Trump défendait une autre idée chère aux Américains : l’exceptionnalisme américain. Il reproche à Barak Obama de ne pas croire à cette idée : « May be my biggest beef with Obama is his view that there’s nothing special or exceptional about America—that we’re no different than any other country » (peut-être mon grief le plus grand avec Obama est son point de vue selon lequel il n’y a rien de spécial ou d’exceptionnel concernant l’Amérique — que nous ne sommes pas différents de n’importe quel autre pays). Sa concurrente à l’élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton, critique cette phrase en disant : « America is already great. America is already strong and I promise you, our strength, our greatness, does not depend on Donald Trump” (L’Amérique est déjà grande. L’Amérique est déjà forte et je vous le promets, notre grandeur ne dépend pas de Donald Trump) (Hillary Clinton, 27 juillet 2016). En utilisant le slogan « MAGA », Trump veut souligner, contrairement à la réalité, que l’Amérique est malade — économiquement, politiquement, militairement, socialement, etc., qu’il est temps de soigner toutes ses maladies, et que lui seul peut le faire : « Make America Great Again » meant jobs. It meant industry, and it meant military strength. It meant taking care of our veterans. It meant so much” (MAGA signifie des emplois. Il signifie industrie et il signifie puissance militaire. Il signifie prendre soin de nos vétérans. Il signifie tellement) (Voir Nick Buffie, Barak Obama Made America Great Again, Kennedy School Review, March 22, 2019). Rappelons que le slogan de Obama était “Yes We Can” (Oui, Nous Pouvons le Faire). De Obama à Trump, l’Amérique a complètement changé de culture politique. Le slogan « Yes We Can » soulignait que l’Amérique est « capable », mais qu’elle est aussi soucieuse d’équité et d’inclusion sociale tandis que MAGA prône la hiérarchie et l’exclusion. On est passé de l’époque où le troubadour Woody Guthrie a composé en 1940 la fameuse chanson fredonnée par tous les Américains : « This land is your land, this land is my land, from the California to the New York Island, from the Redwood Forest, to the Gulf Streams waters. This land is made for you and me” (Cette terre est votre terre, cette terre est ma terre, de la Californie à l’ile de New York, de la Forêt de Redwood jusqu’aux eaux de Gulf Stream. Cette terre est faite pour vous et moi) à l’ère du Trumpisme qui préconise plutôt que cette terre est exclusivement la mienne et que toi (the other) n’y est pas le bienvenu. C’est dans ce contexte que Trump a utilisé un autre slogan similaire, « America First », qui prône que les intérêts de l’Amérique doivent passer avant les intérêts de tout autre pays. Voilà pour l’historique de MAGA.
Que signifie en fait ce slogan ? Si on essaie de comprendre son sens, on pourrait dire que Trump rêve de revenir aux années de gloire de l’Amérique comme super puissance qui dominait sur quasiment tous les plans (économique, politique, militaire, social, culturel, etc.) et sur tous les continents. En un mot, il voudrait que l’Amérique redevienne la Toute Puissance incontestée qu’elle était. Il ne veut pas que les Etats-Unis aient des concurrents comme l’Europe, le Japon, et surtout la Chine. Il ne veut pas reconnaître que certaines nations comme la Chine puissent « challenger » les Etats-Unis dans leurs domaines d’excellence : l’économie, le militaire et le technologique. Il souhaite que tout ce qui a été construit dans le cadre de la globalisation et du Nouvel Ordre Economique International—qu’il considère comme profitant surtout aux pays émergeants—soit déconstruit et qu’on revienne aux concepts traditionnels libéraux de « souveraineté nationale », « protectionnisme », « nationalisme », « bilatéralisme », et « exceptionnalisme ». Dans toute cette affaire de MAGA, Trump privilégie l’économie qu’il a déjà utilisée lors de sa campagne électorale en 2016 et qu’il compte utiliser encore dans sa campagne pour un second mandat. Avec le slogan MAGA, Trump veut souligner que l’Amérique de Kennedy et d’Obama n’était pas « Great », qu’elle était, au contraire, dans une trajectoire de déclin. Très peu de présidents avant Trump ont fait référence à la grandeur des Etats-Unis car cette dernière était, pour eux, une donnée. Même le Républicain Ronald Reagan parle de l’Amérique comme « A City up on the hill…with all of humanity’s eyes up on it” (Une cité en haut de la colline… les yeux de l’humanité toute entière braqués sur elle). Pour les « Founding Fathers » (les pères fondateurs), l’Amérique est déjà « Great » et n’a donc pas besoin de devenir grande à nouveau. Reagan lui-même rejette l’idée que l’Amérique fût une nation en déclin : « Let’s reject the nonsense that America is doomed to decline » (Rejetons le nonsense que l’Amérique est condamnée à décliner) (Voir Tom Engel hardt, What Trump Really Means When He Says He’ll Make America Great Again, Thenation.com, April 26, 2016). Mais, pour Trump, « We’re not a strong country anymore » (nous ne sommes plus désormais une forte nation). La réalité que Trump ignore (ou feint d’ignorer) est que les Etats-Unis demeurent, dans quasiment tous les domaines, la plus grande puissance mondiale et que la Chine, le concurrent le plus redouté, n’a pas encore atteint le statut de première puissance auquel elle aspire (peut-être cela arrivera-t-il un jour). Les chiffres, en effet, montrent que l’Amérique est encore le leader#1 dans les domaines stratégiques (économie, militaire et technologie). Face à cette réalité, beaucoup d’analystes pensent que le slogan de Trump souligne plus son pessimisme que l’optimisme dont il se réclame. C’est l’avis d’une analyste Norvégienne qui écrit : « In his call to ‘Make America Great Again’, Donald Trump is making both a thre at and a promise” (Dans son appel à rendre l’Amérique grande à nouveau, Donald Trump profère aussi bien une menace qu’une promesse) (Hilde Ellassen Restad, University of Oslo, Norway, 2015).

A «Make America Gloomy Again»
D’abord un mot sur cette phrase que nous avons créée pour montrer la vraie « réalité » de l’Amérique de Trump. « Make America Gloomy Again » signifie rendre l’Amérique sombre et dépressive à nouveau ». Cette Amérique sombre et dépressive fait référence aux périodes des présidents Richard Nixon, Ronald Reagan et plus près de nous, des Bush Senior et Junior, périodes marquées par les guerres (Vietnam au temps de Nixon, Koweit et Irak au temps des Bush) et par la stagnation et les récessions comme celle de 2007-2009. Au lieu de faire retourner l’Amérique à l’époque de paix et de prospérité des années Clinton et Obama, Trump a plutôt fait retourner l’Amérique à l’époque des guerres et des récessions. Trump est donc, en quelque sorte, un nostalgique non pas de l’Amérique de la croissance et de la stabilité, mais d’une Amérique de guerres et de marasmes économique et social. Pour démontrer que cela est vrai, nous analyserons les résultats atteints par la présidence de Trump dans quatre domaines stratégiques : l’économie, la sécurité intérieure, l’inclusion sociale, et la gestion de la pandémie du COVID-19. Commençons par les prouesses de Trump dans le domaine économique. Le PNB (GNP) est estimé avoir baissé de -32,9% au 2è trimestre de 2020. L’évolution du taux de croissance du PNB en 2020 et 2021, par comparaison à 2018/2019, est la suivante : 2018 (2,9%), 2019 (2,3%), 2020 (-7%) et 2021 (1%) (Voir The Conference Board Economic Forecast for the U.S. Economy, July 8, 2020). L’année 2020 est celle où la croissance est négative en raison de la gestion erratique et catastrophique de la pandémie par l’administration Trump comme nous le verrons plus loin. L’emploi est le second indicateur qui a subi les effets de la pandémie et de son « mismanagement » par Trump. Par rapport à 2018/2019, le taux de chômage en 2020/2021 est prévu de connaître l’évolution suivante : 2018 (2,4%), 2019 (3,4%), 2020 (9,6%) et 2021 (1,9%) (Voir The Conference Board Economic Forecast, op.cit). Certaines sources indiquent que le taux de chômage atteindra 14,7%, 18%, voire 30% en 2020 et 16,1% en 2021 (Voir Daniel Bachman, U.S. EconomicForecast, June 15, 2020 et Kimberly Amadeo, U.S. Economic Outlook for 2020 and Beyond, The Balance.com, July 29, 2020). A ce jour, le nombre de chômeurs qui se sont présentés aux services sociaux pour recevoir leur allocation chômage est estimé à 42 millions d’Américains. En raison de cette chute de la croissance et de l’emploi, due aux fermetures d’entreprises, certaines grandes entreprises comme J.C. Penney, J. Crew et Hertz sont tombées en banqueroute. Le troisième indicateur qui a chuté en 2020 est constitué par les dépenses de consommation. Ces dernières ont baissé de 30,2% en avril 2020, un record qui n’a pas été égalé depuis les années 1950 selon plusieurs analystes. Les secteurs les plus touchés sont les secteurs de « l’Entertainment » et des loisirs où la baisse a été de -55% et les secteurs de l’habitat et de l’alimentation qui ont connu une chute de -47% (Daniel Bachman, op.cit). Les pertes d’emplois dans le secteur de l’hospitalité (hôtellerie, restauration, loisirs) ont été de -41% au mois de mai, passant d’un nombre d’employés de 16,5 millions en mai 2019 à 9,5 millions en mai 2020. Il est clair, en regardant ces chiffres, que l’économie américaine est en pleine récession—une récession que l’Amérique n’a pas connue depuis la Grande Dépression de 1929 — au point que certains analystes parlent maintenant de « pancession » pour faire le lien entre pandémie et récession.
Le second domaine où Trump a échoué est celui de la sécurité intérieure. En effet, depuis que Trump est venu au pouvoir, le clash entre la population et les forces de police ont augmenté. Les manifestations de certains groupes ethniques, notamment le mouvement « Black Lives Matter » (Les Vies des Noirs Comptent), les face-à-face entre Blancs suprémacistes et démocrates, les sit-in devant la Maison Blanche se sont multipliés et ont augmenté en gravité. Les crimes contre les Afro-Américains sont plus nombreux et plus fréquents, le dernier en date étant celui de George Floyd, étranglé par un policier sous les yeux de deux autres. Le racisme, le clash des religions (notamment entre musulmans et non musulmans), l’accentuation de la lutte des classes (entre les cols blancs et les cols bleus), l’aggravation du gap entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi accentués que sous la présidence de Trump. Une des premières mesures prises par Trump était d’annuler Obama Care qui a permis à plus de 40 millions d’Américains à revenu modeste d’avoir une assurance-maladie.
Le troisième domaine où la présidence Trump a eu des effets négatifs est celui de l’inclusion sociale. En effet, l’Amérique n’a jamais été aussi divisée que depuis que Trump est président. Sa stratégie est celle que tous les empereurs et les dictateurs du monde ont appliquée : diviser pour dominer. Par exemple, sa politique fiscale a consisté à accorder une forte réduction de taxes aux riches (y compris son entreprise et celle des membres de sa dynastie) et à supprimer un certain nombre de « welfare programs » (programmes sociaux) qui permettent aux plus démunis de joindre les deux bouts. Par sa politique politicienne, il a réussi à approfondir le fossé entre les Républicains et les Démocrates, notamment au sein du Congrès. L’aggravation de ce schisme entre les deux partis politiques américains lui a permis, entre autres, d’échapper à la procédure de l’impeachment au cours de laquelle il a été accusé d’abus de pouvoir et d’abus de justice. Il a aussi accentué le schisme traditionnel—qui a été mis en berne pendant plusieurs décennies—entre Afro-Américains, Latinos, et Asiatiques et les Blancs. Par exemple, il a traité les Mexicains de violeurs et de voleurs de bénéfices sociaux gouvernementaux. Il a également été l’initiateur du « Muslim ban » qui avait pour but d’empêcher les citoyens de certains pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Heureusement que la Cour Suprême a rejeté le décret que Trump avait pris à cet effet. L’autre acte que Trump a adopté pour envenimer encore plus la guerre entre les musulmans et les juifs aux Etats-Unis et ailleurs était de décider, de façon unilatérale—sans consulter ni les pays musulmans, ni les autres pays—que Jérusalem serait désormais la capitale d’Israël.
Le quatrième domaine où la politique de Trump a été désastreuse est la gestion de la pandémie du COVID-19. Tout d’abord les Etats-Unis ont le plus grand nombre de cas (5 119 711) et de morts (163 651) à ce jour, et cela en dépit du fait que c’est le pays qui a le plus de ressources financières, d’équipements technologiques et de facilités de soins. Un des arguments avancés pour expliquer cet échec cuisant est le fait que Donald Trump n’écoute pas ce que lui disent les membres du Comité Scientifique d’experts qu’il a lui-même mis en place. Par exemple, il a décidé de rouvrir rapidement l’économie alors que le Comité Scientifique n’était pas pour une ouverture totale et immédiate mais une ouverture graduelle et selon des conditions définies, notamment le port du masque et la distanciation sociale. Par cette décision, il est clair que Trump fait passer l’économie avant les vies humaines. Pour essayer de convaincre la population et spécialement ses supporters politiques, il ne cesse de déclarer de façon tout à fait erronée et contrairement à l’avis des scientifiques, que le COVID-19 est sur le point de disparaître. Selon le Washington Post, Trump a répété au moins 24 fois que « It [the virus] is going to disappear » (le virus est sur le point de disparaître) ou encore : « One day, it’s like a miracle, it will disappear » (Un jour, comme un miracle, le virus va disparaître). Il a ajouté : « The Coronavirus is very much under control in the USA” (le coronavirus est totalement sous contrôle aux USA). Il a aussi comparé COVID-19 à la grippe saisonnière comme si les deux virus les mêmes : « So last year [2019], 37 000 Americans died from the common flu. It averages between 27 000 and 70 000 per year. Nothing is shut down, life and the economy go on ») (L’année dernière, 37000 Américains sont morts de la grippe traditionnelle. Cela fait une moyenne entre 27 000 et 70 000 par an. Rien n’a fermé et la vie et l’économie continuent) (Voir Dan Goldberg, Coronavirus : It’s going to disappear : Trump changing tone on coronavirus, Politico, March 3, 2020).

Conclusion
Nous avons vu, dans la première partie de cet article, que le slogan de campagne et du premier mandat présidentiel de Trump n’est pas nouveau, mais qu’il remonte à l’époque reaganienne et même avant. Cependant, Trump l’a utilisé avec un sens plus aiguisé du marketing politique. Nous avons vu aussi que derrière les mots « Make America Great Again » il y a l’idée que l’Amérique est sur le chemin du déclin et que Donald Trump est venu au pouvoir — à la manière d’un messi — pour la sauver de la catastrophe. Nous avons vu également que l’Amérique est toujours aussi « Great » que jamais même si elle est de plus en plus « challengée » par d’autres puissances émergeantes comme la Chine. Dans la deuxième partie de l’article, nous avons montré, chiffres à l’appui, que, loin de rendre l’Amérique « Great » comme il le clame avec trompette, Trump l’a au contraire enfoncée dans une double crise sanitaire et économique. En effet, l’Amérique a, comme on l’a vu, le plus grand nombre de cas d’infections et de décès dans le monde et son économie connaît une récession qui est, toutes proportions gardées, comparable à la Grande Dépression de 1929. Par ailleurs, les américains n’ont jamais été aussi anxieux et n’ont jamais aussi peur que sous la présidence de Trump qui n’a jamais su tirer les leçons de l’histoire et jamais écouté le conseil des « Founding Fathers » comme celui que prodigue Harry S. Truman cité dans l’épigraphe au début de cet article : « America was not built on fear. America was built on courage, imagination and unbeatable determination to do the job at hand” (L’Amérique n’a pas été construite sur la peur. Elle a été construire sur le courage, l’imagination et la détermination imbattable de faire le travail qu’on a à faire). Nous avons aussi vu que, au lieu de promouvoir l’inclusion sociale, Trump a au contraire aggravé la division des Américains sur plusieurs plans et que s’il avait une connaissance de l’histoire de son pays, il aurait su que George Washington avait été un précurseur de l’inclusion sociale, comme le souligne la citation donnée tout en haut de cet article : « I had always hoped that this land might become a safe and agreable asylum to the virtuous and prosecuted part of mankind, to whatever nation theymightbelong » (J’ai toujours espéré que cette terre puisse devenir un asile sûr et agréable aux virtueux et aux persécutés de l’humanité, quelle que soit la nation à laquelle ils appartiennent ).

Arezki Ighemat, Ph. D en économie. Master of Francophone Literature (Purdue University, USA)