Le problème que connaît l’Algérie en matière de don d’organes n’est pas d’ordre médical ou réglementaire, mais il est celui de trouver des donneurs. C’est ce qu’a déclaré, hier, le recteur de l’université Alger 1, Hamid Bencheniti,

lors du premier colloque international sous le thème « La médecine contemporaine entre religion et droit ; le corps humain et les nécessités thérapeutiques et les restrictions religieuses ». Cette rencontre de deux jours, qui se penche plus précisément sur le don d’organes, a été animée par des conférenciers venus de différentes universités algériennes et internationales, notamment de Turquie, de Tunisie et de France. L’occasion de « disséquer » la question et de discuter de ce qui freine ou peut freiner le don d’organes en Algérie ; le plus souvent en butte à des considérations d’ordre religieux. D’où la nécessité à laquelle ont appelé les conférenciers de réaliser une transformation sociale pour venir à bout de ce qu’ils appellent un « manque de culture de don de soi », littéralement, et ce, à cause de contraintes socioculturelles et, encore une fois, religieuses. Pourtant, pour le professeur Belhadj Rachid, du CHU Mustapha-Pacha, le retard dans le domaine de la transplantation d’organe est une conséquence d’abord de la dépendance scientifique et technologique vis-à-vis des pays développés qui monopolisent ce domaine. Le conférencier a relevé également des problèmes liés à la réglementation. Certains médecins, selon M. Belhadj, « ont peur de la responsabilité lourde notamment quand il s’agit de débrancher le potentiel donneur des machines qui lui permettent de respirer en cas de mort cérébrale, alors que le cœur est indemne ». Pour sa part, le Dr Boudris Cherafa du CHU Mahamed Lamine Debaghine a parlé de dons d’organe de vivant à vivant : « Ces pratiques sont régies par des réglementations draconiennes », a-t-elle soutenu, même si elle met en exergue plusieurs failles dans la loi qui mènent vers des ambiguïtés notamment dans la définition de la nature de la relation entre le médecin et le donneur qui n’est pas considérée comme un malade. Selon elle, la majorité des dons se passe dans la famille où la femme, qui est généralement la mère, représente les deux tiers des donneurs.