La crise sanitaire due à la pandémie que nous vivons aura des conséquences profondes sur le fonctionnement du monde, a déclaré hier le leader de Jil Jadid. Partant de ce constat, Djilali Soufiane affirme que le temps est venu pour l’Algérie de retenir la leçon de la crise sanitaire mondiale et d’engager au plus vite les réformes que les Algériens attendent depuis longtemps, en particulier depuis l’émergence depuis plus d’une année d’une contestation populaire d’ampleur et revendicatrice de changement de système de gouvernance. «Il est impératif d’accélérer les réformes politiques pour assoir une légitimité de la direction du pays et rétablir une unité nationale mise à mal par l’ancien régime», écrit Djilali Soufiane dans la déclaration rendue publique hier.
Il s’agit, explique-t-il, de «consolider l’autorité de l’Etat et de mettre une organisation politique, administrative et sécuritaire au diapason de la demande populaire, soit l’Etat de droit et la démocratie», d’«intégrer dans une structure, au plus haut niveau du pouvoir d’Etat, les domaines de développement à long terme, transcendant les mandats électoraux à tous les niveaux».L’objectif, ajoute-t-il, est de mettre en place des politiques sur 20 à 30 ans touchant aux domaines en rapport avec la sécurité nationale, au sens large (sécurité alimentaire, sanitaire, territoriale, énergétique etc…). Ces politiques devront être approuvées par les dirigeants politiques en un consensus national et ne pas être remises en cause lors des alternances démocratiques».
Pour ce qui est des moyens à mobiliser, l’Algérie en possède mais «manque cruellement, par contre, d’une vision à long terme et d’une volonté politique et d’un système de légitimation populaire de ses dirigeants», estime le leader de Jil Jadid. «L’Algérie pourrait bénéficier d’un rebond inattendu du prix du pétrole dans les prochains mois», croit-il savoir en indiquant que «la faiblesse actuelle du prix du baril de pétrole met en très grande difficulté l’industrie du schiste, déjà déficitaire et très endettée, qui risque de ne pas s’en relever au moins pour une bonne partie d’entre elle».
«Celle-ci concerne plus de 70% de la production américaine. Une fois la reprise économique installée, à la fin de la crise sanitaire, le monde pourrait de nouveau expérimenter la rareté de l’or noir. Les cours du brut remonteront vers des valeurs confortables d’ici un à deux ans au plus tard. C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire la politique de certaines puissances pétrolières», juge Djilali Soufiane.
En attendant, «l’Algérie doit gérer au mieux la crise sanitaire actuelle et en sortir avec le moins de dégâts possibles. Tant sur le plan humain que sur le plan économique. Des mesures de sauvegarde doivent être prises par le gouvernement pour préserver tout outil productif. Les entreprises non commerciales, tous statuts confondus, doivent être soutenues et aidées. Il est impératif de maintenir fonctionnels les circuits de production même à bas rythme. La reconstruction du tissu industriel devra s’appuyer sur un capital déjà établi».
Il reste, selon Djilali Soufiane, « que la confiance avec le peuple doit être rétablie et au plus vite. La lutte contre la corruption doit être maintenue, l’ouverture des médias et du champ politique renforcées dans le cadre d’un pacte politique avec l’ensemble de la société politique. Il est l’heure de travailler pour une véritable union nationale»