Le Premier ministre a annoncé, dans son allocution de clôture hier de la conférence nationale sur le plan de relance économique, la création d’une cellule d’accompagnement des investisseurs au niveau de chaque wilaya destinée à lever les contraintes bureaucratiques à la réalisation des projets d’investissement.

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad dans son intervention hier à la clôture de la conférence nationale sur le plan de relance économique et social a esquissé la feuille de route de ce programme qui devra être appliqué, selon les directives du président de la République, à brève échéance, c’est-à-dire dès les semaines prochaines et jusqu’à fin 2020, à court terme, en un mot en 2021, et à moyen terme en 2024. Il a rassuré dans son discours les opérateurs et les citoyens en laissant entendre que ce plan de relance tend à lever les verrous bureaucratiques qui sont en train de tuer l’économie nationale. En ce sens, il a souligné que ce plan inclut « la modernisation de l’administration et la lutte contre les comportements bureaucratiques ». Il a annoncé en ce sens la création depuis quelques jours d’une cellule d’accompagnement des investisseurs et porteurs de projets au niveau de chaque wilaya présidée par le wali. « La cellule aura pour rôle de lever les freins, notamment bureaucratiques à la réalisation des projets d’investissement. La réalisation de ce plan de relance est liée à la libération des initiatives de toutes les contraintes bureaucratiques et l’assainissement des situations héritées en veillant à la stabilité du cadre réglementaire », a-t-il ajouté. Le plan de relance porte en un mot sur l’amélioration du climat des affaires. Ce programme prévoit en ce sens des mesures tous azimuts pour encourager l’investisseur productif créateur de valeur ajoutée et d’emplois. « Ce sera au détriment des activités spéculatives », a-t-il souligné. Ce plan de relance assurera notamment aux investisseurs l’accès au foncier industriel. Il prévoit comme autres actions, la promotion de l’industrie de transformation (de produits agricoles, miniers, hydrocarbures…), la densification du tissu des entreprises avec comme priorité la création de petites et moyennes entreprises, de microentreprises et des start-ups, la production de biens en substitution aux importations, la valorisation des ressources humaines dans l’innovation y compris au sein de la diaspora. Il prévoit également la promotion des activités fondées sur la connaissance à haute valeur ajoutée technologique, des microentreprises et des start-ups ainsi que l’émergence d’une véritable industrie pharmaceutique. Concernant le BTPH, il s’agit de soutenir ce secteur et de le promouvoir eu égard à sa contribution significative à la croissance économique et à la réduction du taux de chômage. Ce programme inclut la transition énergétique. Le plan de relance compte comme axe l’application des réformes structurelles. « Il vise à accélérer ces réformes », a-t-il indiqué. Le Premier ministre a dans ce sens cité la réforme fiscale. Elle prévoit l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration de la collecte des impôts et la numérisation de l’administration fiscale en vue de réduire l’évasion fiscale. Il a évoqué également la réforme bancaire et financière appelée de tous leurs vœux par les investisseurs et qui constitue, selon lui, la pierre angulaire de tout processus de réformes. Il a souligné que le plan de relance économique et social préservera le caractère social de l’Etat et le pouvoir d’achat des citoyens en particulier celui des couches sociales défavorisées. Le plan de relance doit assurer un développement économique global équilibré touchant toutes les localités du pays, réduire les inégalités et en finir avec la marginalisation dont ont souffert certaines régions du pays.

Préserver le caractère social et le pouvoir d’achat
Le Premier ministre a indiqué que les recommandations issues de la conférence nationale sur la relance économique seront intégrées dans le plan de relance. Il a qualifié le débat ouvert au cours de cette rencontre sur le plan de relance de franc, de riche et qu’il participe d’une approche de concertation avec le patronat, les syndicats, les opérateurs et les experts pour finaliser le plan de relance, voire à toute démarche économique. Il convient de noter, par ailleurs, que la journée d’hier a été sanctionnée par la lecture des recommandations issues des travaux de 11 ateliers. En particulier, l’atelier sur le développement agricole suggère d’encourager les exploitations agricoles performantes, de revoir le système de subventions aux agriculteurs pour le rendre plus efficace, de donner des facilitations et des avantages fiscaux aux exportateurs de produits agricoles, d’assainir le foncier agricole. L’atelier sur le développement industriel préconise la révision du Code du travail, la législation des changes en matière d’exportation, le renforcement de la formation, la révision de la fiscalité sur les logiciels et les produits informatiques, une action indispensable si on veut développer la digitalisation dans les secteurs d’activités, développer les infrastructures logistiques, encourager les clusters, la sous-traitance, notamment la mécanique de précision, la numérisation des grandes entreprises, la promotion de la recherche et développement en partenariat avec les universités. L’atelier sur le développement minier suggère d’alléger et de simplifier les procédures à l’exploration et l’exploitation des mines, la refonte du cadre réglementaire, de lister les minéraux stratégiques et l’élaboration d’une cartographie des ressources minières. L’atelier sur les ressources énergétiques a évoqué la nécessité d’un modèle de consommation énergétique plus rationnel, la réduction des charges d’exploitation de Sonatrach et le gel des projets d’investissement qui n’ont pas d’impact sur les capacités productives, la transformation locale des hydrocarbures, la transformation des déchets en énergie par des microentreprises à l’échelon local, la fabrication locale des équipements des composants des centrales photovoltaïques comme les onduleurs. Quant à l’atelier financement du développement, il a abordé la réforme fiscale et financière. Il suggère le renforcement de la capacité d’intermédiation des banques, le développement du marché obligataire, la transformation des banques en financiers essentiellement de l’investissement. n