S’il y a un sujet qui fait de plus en plus parler de lui dans les interventions consacrées par les plus hauts responsables du pays à la nouvelle approche économique du pays, c’est bien celui du numérique et de la connaissance. Et hier, le Premier ministre Abdelaziz Djerad n’a pas manqué de saisir l’occasion du lancement officiel des services de certification et de signature électroniques pour verser son allocution au compte de ces deux principes «prioritaires» sur lesquels il est nécessaire de focaliser pour construire et promouvoir une économie nationale forte et compétitive, qui puisse dégager le pays de sa dépendance exagérée des hydrocarbures.

«Se focaliser sur le numérique et la connaissance pour construire l’économie est un choix stratégique pour garantir l’accompagnement du processus de diversification économique et l’investissement dans tous les moyens disponibles et les opportunités permettant au pays de s’affranchir de sa dépendance des hydrocarbures», a exhorté M. Djerad, soulignant qu’il faudra, en ce sens, «s’appuyer sur les micro-entreprises, l’économie du savoir et les start-ups en tant que nouveaux catalyseurs du développement».
Le Premier ministre recourt, en fait, à la même sémantique dont avait usé avant lui le président de la République pour mettre en avant l’attachement de l’Etat à une démarche économique rafraîchie par une nouvelle vision portée sur le numérique. D’ailleurs, M. Djerad a bien rappelé que la question du numérique est «prioritaire et bénéficie d’un intérêt soutenu» dans les programmes du président de la République et du Gouvernement. Elle est «mûrement réfléchie, au vu des avantages du numérique notamment en gain de temps et d’effort, en matière de maîtrise des échanges de données, de facilitation des opérations et transactions et d’amélioration des services».
C’est pourquoi, le gouvernement œuvre à «la mise en place des mécanismes nécessaires à la protection des données, à la sécurisation et à la fiabilisation des opérations et transactions, devenus les principaux indicateurs du développement économique des pays», a-t-il poursuivi. D’où ce plan national de certification et de signature électroniques lancé hier pour conférer davantage de fiabilité et de crédibilité aux services électroniques gouvernementaux, établir les responsabilités en matière d’échanges électroniques, préserver la confidentialité des données personnelles et optimiser la performance des structures publiques, en réduisant les coûts et les délais d’impression, de conservation et de délivrance des documents physiques, en vue d’éliminer la bureaucratie, a-t-il soutenu.
Certification et signature électroniques : «un rôle axial»
Ce plan «vise à assurer plus de fiabilité dans l’informatisation des échanges économiques et à faciliter leur flux, à travers la simplification de l’élaboration des documents électroniques et la généralisation du e-paiement dans les échanges commerciaux», a expliqué l’intervenant, citant , entre autres objectifs, «l’élaboration d’une identité numérique dont la source serait une autorité de certification électronique fiable, qui constituerait une référence de toutes les informations, en particulier celles échangées en ligne, à même de permettre l’utilisation des applications numériques développées et exploitées par des départements ministériels, des instances et des établissements publics et privés en toute sécurité, pour la garantie de quatre caractéristiques de base, à savoir l’intégrité, l’établissement des responsabilités, la fiabilité et la confidentialité».
«Les efforts du Gouvernement s’inscrivent aujourd’hui dans ce cadre, au vu du rôle axial de la certification et de la signature électroniques dans l’amélioration du climat d’investissement et de l’attractivité des investissement, d’une part, et l’entrée sur le marché des fournisseurs de services de certification électronique, étant des acteurs clés dans la diffusion du numérique et la création d’opportunité d’emploi dans les nouveaux métiers de l’innovation, d’autre part», a encore insisté le chef de l’Exécutif.
Parmi les actions déjà engagées par le gouvernement pour mettre en place des structures servant d’appui à l’instauration du numérique, M. Djerad a évoqué «l’amélioration du service internet au profit des citoyens et des opérateurs téléphoniques, notamment avec une hausse notable de la bande passante internationale de 1,7 à 2,8 Tbps (Térabit par seconde), après la mise en exploitation du système du câble sous-marin Orval/Alval (Oran-Valence) et (Alger-Valence), ayant permis de doubler le débit au profit de plus de 2 millions d’abonnés», ajoutant que l’opération «se poursuit pour englober un plus grand nombre d’abonnés».
«Le Gouvernement a également procédé à l’intensification du réseau de télécommunications nationales, en accordant la priorité à la généralisation du réseau de la fibre optique, notamment dans les zones urbaines, à même de faciliter l’émergence de villes intelligentes, avec plus de 1 000 km linéaires de fibres optiques réalisés, soit 78% de l’objectif tracé», a encore cité M. Djerad.