Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) Mohamed Djemaï a une nouvelle fois réagi à la charge de l’ONM. «Nous refusons de nous départir du sigle du FLN. Nous rejetons l’idée de céder le sigle du FLN pour créer un nouveau parti », a lancé Djemaï en réaction à l’appel, la veille, de Mohand Oumar Benlhadj, secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), revendiquant le statut «de patrimoine national au FLN et son placement au musée».
«Il faut faire la distinction entre le Front de libération nationale et le parti du Front de libération nationale», fait remarquer le successeur de Ould Abbès, «il n’existe aucune justification ni argument valable pour amener à la dissolution du parti ni à ce qu’on se départisse de ce sigle». Djemaï, qui ne manque pas de cibler Benlhadj au passage, estime que «les communiqués appelant à la dissolution du FLN émanent d’une seule personne, qui ne représente qu’elle-même, en l’occurrence le secrétaire général par intérim de l’ONM. C’est une seule et unique personne que nous respectons en tant que moudjahid, mais qui tente d’induire en erreur l’opinion». Aussi, et tout en expliquant que le secrétaire général par intérim de l’ONM « appartient à un parti concurrent au FLN», Djemaï qualifie Benlhadj «d’ennemi traditionnel de notre parti». Ce qualificatif d’ennemi du FLN est lié à la violente charge du secrétaire général par intérim de l’ONM qui a, le 20 août dernier, appelé à «empêcher l’utilisation du sigle du FLN par des personnes à des fins aussi suspectes comme cela a été le cas par le passé». «Il faut faire en sorte que le sigle du FLN ne soit plus utilisé comme un tremplin pour atteindre des objectifs personnels et partisans», a-t-il insisté, avant de soutenir que «ce parti n’a plus lieu d’être». Par ailleurs, et sur un tout autre registre, Djemaï évoque la gestion de son parti durant la période de Bouteflika.
«Saïd Bouteflika, le frère de l’ex-président de la République, était celui qui gérait le FLN par téléphone», dira-t-il. Plus précis, il expliquera que «depuis 2016, soit depuis la prise en main des affaires du FLN par Mouad Bouchareb et Djamel Ould Abbès, le parti était sujet à des changements commandités par la présidence de la République». «Des directions étaient nommées tandis que d’autres s’éclipsaient juste par téléphone», a-t-il soutenu. Selon Djemaï, «le FLN a subi un hold-up et une multitude de pressions depuis la fin du parti unique, mais, également, une véritable marginalisation. Mais il a préféré se mettre du côté de l’Etat. » Par ailleurs, le patron du FLN continue à plaider en faveur d’un dialogue constructif et consensuel : «En cette conjoncture exceptionnelle que traverse le pays, le FLN pense qu’il faut faire réussir un dialogue constructif et inclusif menant à l’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais.» Djemaï n’a pas manqué, comme à chacune de ses sorties, de se démarquer des appels en faveur d’une «période de transition». «Il faut tirer les enseignements des situations survenues dans plusieurs pays et éviter d’embourber le pays dans des périodes incertaines à l’instar des transitions», a-t-il souligné plaidant en faveur d’une solution à la crise dans le cadre de la Constitution et des lois de la République.