L’activité du complexe des viandes rouges de la commune de Hassi Bahbah dans la wilaya de Djelfa a connu une hausse d’activité de 20%, en 2021, a affirmé son directeur Salah Hinoub à l’APS.

Synthèse Kahina Sidhoum
Selon ce responsable, le regain d’activité est observé depuis la signature, au début du mois de septembre 2021, de la convention entre la Fédération nationale des éleveurs et le Groupe agro-logistiques (Agrolog), pour la création de pôles d’activités au niveau des complexes régionaux d’abattage et de traitement des viandes rouges. La convention, qui concerne l’Office national des aliments du bétail (Onab) et l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), deux organismes qui font partie du groupe Agrolog, vise à assurer aux éleveurs un approvisionnement régulier en fourrages et aliments de bétail de manière à développer la filière des viandes rouges à l’échelle nationale.
Cette filière est source de revenus directs et indirects pour près de 15 millions de personnes en Algérie, selon la Fédération nationale des éleveurs. La possibilité pour les éleveurs de commercialiser des bêtes engraissées avec des fourrages subventionnés, donc à moindre coût, assure une abondance du produit et une hausse de l’offre au profit de l’Algérienne des viandes rouges et, partant, une stabilisation du marché et la garantie de prix abordables pour le consommateur. Cela permet également l’exploitation optimale des abattoirs et des infrastructures de base.
Au titre de la mise en œuvre de la convention, près de 170 contrats de partenariat ont été signés avec des éleveurs, ce qui a permis, selon Salah Hinoub, de « recenser 34 000 têtes ovines avec une moyenne de 200 têtes par éleveur des wilayas concernées, sachant que les cellules de suivi de la mise en œuvre de cet accord couvrent les grands abattoirs des wilayas d’Oum El Bouaghi, El Bayadh, Annaba et Djelfa, alors que l’opération est toujours en cours dans le cadre de l’activité des cellules tripartites au niveau des abattoirs de Bougtob (El Bayadh), Annaba et Aïn Mlila (Oum El Bouaghi) ».
Les responsables du secteur de l’agriculture à Djelfa, cités par l’APS, soulignent que cette initiative renforcera l’activité de l’abattoir régional de Hassi Bahbah par le contrôle des approvisionnements en orge fourragère subventionnée et l’accompagnement des éleveurs pour une meilleure productivité, ainsi que par une baisse du coût des fourrages destinés à l’élevage, d’une part, et le renforcement de l’activité des trois groupes d’abattoirs de Hassi Bahbah, Bougtob et Aïn Mlila, d’autre part. L’objectif est la garantie de la disponibilité des viandes rouges sur le marché en quantités suffisantes et en qualité à des prix abordables et protégés de la spéculation.
Abdelaali Belkacem, membre de la Fédération nationale des éleveurs, affirme à ce propos que de nombreux éleveurs des wilayas steppiques ont déjà adhéré à cette démarche, notamment à Naàma, estimant que l’engagement des éleveurs aura « un impact direct » sur la stabilité du marché des viandes rouges en Algérie, tout en offrant l’opportunité aux éleveurs de vendre leur produit, avec des marges de gain considérables, grâce aux prix des fourrages subventionnés. Le même responsable fait savoir que ces fourrages composés moitié orge et moitié son, additifs et sel (pour la santé du bétail) sont acquis, par l’éleveur auprès de l’Onab, à un prix ne dépassant pas 2 600 dinars le quintal au moment ou ses produits enregistrent une hausse considérable sur le marché.
Lhadj Belkacem, un éleveur de la commune de Tadmit (50 km au sud de Djelfa), qui a adhéré à cette démarche, estime pour l’APS qu’il s’agit là d’une « première » en matière de coordination entre les institutions de l’Etat, soit une société qui veut acquérir des viandes rouges et une entreprise publique qui accompagne un éleveur de bétail en lui garantissant les fourrages considérés comme un maillon important pour assurer le gain et la pérennité de l’activité. L’éleveur a ajouté que son adhésion à la convention renforcera son rôle dans le développement local, « en mettant un terme à la gestion anarchique de la ressource animale, dont la vente est limitée aux seuls marchés hebdomadaires, en plus de surmonter le problème des fourrages qui a longtemps été une source de tracasseries pour les éleveurs ».