Reporters : Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a annoncé, dans un communiqué jeudi 30 juillet, avoir entamé des démarchés pour l’acquisition d’un vaccin comme «seul moyen efficace» de lutte contre la Covid-19. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Djamel Fourar : Dans les laboratoires de recherche des grandes puissances mondiales, la recherche d’un vaccin contre le nouveau coronavirus est entamée depuis des mois déjà. Au sein de ses structures de pointe, cette recherche est encore au stade des essais cliniques. D’après ce que nous savons, ces essais sont plus ou moins avancés, mais tous sont au stade expérimental. Autrement dit, il n’y a pas de vaccin disponible immédiatement applicable chez l’homme et prêt à l’industrialisation, qui pourrait intervenir d’ici l’automne ou l’hiver prochains, selon les déclarations des laboratoires concernés. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’Algérie, elle se positionne sur la liste des pays qui veulent et vont acquérir le vaccin anti-Covid lorsqu’il sera reconnu efficace dans la lutte contre la pandémie. Ce positionnement de notre pays est en droite ligne de la stratégie de prévention et de protection mise en place depuis le début de la crise sanitaire.

Justement, quelle lecture peut-on faire de l’évolution de la pandémie depuis son apparition en Algérie ?
Cette évolution est à l’image des évolutions qu’on enregistre dans les autres pays du monde entier. La pandémie s’est déclarée dans notre pays par l’«importation» de cas de personnes contaminées séjournant ou ayant séjourné dans des pays étrangers où le virus circulait déjà. Ensuite, elle s’est propagée de manière rapide quoique que son impact, chez nous, a été moins puissant et moins dramatique que ce qu’on a vu et qu’on voit encore ailleurs en Europe, en Asie et dans les Amériques. Je rappelle qu’au niveau mondial, nous sommes à plus de 17 750 000 cas confirmés, 10 333 000 guérisons et 680 000 décès. En Algérie, plus de 30 800 cas confirmés, plus de 20 500 guérisons et plus de 1 200 morts. Pour autant, ce n’est pas un argument pour ne pas s’en inquiéter, la circulation du coronavirus est presque dans toutes les wilayas du pays et il est plus que jamais essentiel de se prémunir en respectant les consignes sanitaires et les gestes barrières.

Avant l’Aïd-el-Kébir, des appels à la vigilance, voire à l’abstention face au rituel du sacrifice, ont été lancés. Ils ne semblent pas avoir été entendus. Qu’en pensez-vous ?
Déjà au cours de l’Aïd-el-Fitr, nous avons lancé des appels pour le respect des gestes barrières et des règles d’hygiène. Malheureusement, beaucoup de gens n’ont pas répondu à nos appels et le résultat ne s’est pas fait attendre. Nous avons assisté à une hausse des cas de contamination. Cette fois, encore, pour se conformer à la décision du gouvernement de maintenir les fêtes, nous avons appelé au respect strict des mesures barrières mais, comme vous le savez, ce n’est pas tout le monde qui entend et qui applique les recommandations. Du coup, il y aura, sans doute, une transmission du virus parmi les gens qui n’ont pas respecté les alertes du personnel médical.

Vous attendez-vous à une hausse de la courbe des contaminations après ces fêtes ?
Quand il y a un non-respect des mesures et des gestes barrières, on s’attend toujours dans l’absolu à une augmentation des contaminations et d’infections. Cela est prouvé à chaque fois. Maintenant, pour les conséquences d’après les fêtes, il faut bien sûr attendre, car c’est le temps qui nous donnera raison ou pas sur la justesse ou l’exagération des prévisions. Pour ce qui nous concerne, nous allons consolider le système de surveillance en vigueur pour voir s’il y a une hausse de nouveaux cas ou non. n