Le nouveau sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi, abordera sa nouvelle mission avec l’équipe nationale algérienne avec la priorité de « retaper » le moral des joueurs qui ont traversé une crise de « confiance » » depuis que le sélectionneur français, Christian Gourcuff, a quitté ses fonctions. Ce départ précipité du technicien français a donné lieu à la dislocation du groupe, et l’instabilité et la certitude ont rongé les joueurs ne sachant plus à quel saint se vouer.

En dehors de la crise des résultats techniques et cette sortie prématurée de la Coupe d’Afrique des nations 2017 au Gabon et surtout l’élimination du Mondial 2018 en Russie, l’instabilité du staff technique des Fennecs a vraiment affolé les joueurs. Ces derniers ont perdu toute référence et, surtout, tout repère pour avoir la grâce d’un des nouveaux sélectionneurs. Pas moins de cinq sélectionneurs se sont succédé à la barre technique de l’EN. De Nabil Neghiz à Rabah Madjer en passant par Milovan Rajevac, Georges Leekens et Lucas Alcaraz, l’instabilité s’est répercutée négativement sur l’esprit du groupe pour ne pas dire l’esprit d’équipe tout court.
L’indiscipline a fait des siennes sous Madjer
La pire des périodes a été celle de Rabah Madjer, qui a réussi à mettre tout le monde contre lui, voyant partout la main des anciens responsables de la FAF sans les citer. Le successeur d’Alcaraz avait décidé d’écarter des cadres de la sélection et de travailler avec presque le tout local.
Une politique qui a provoqué une cassure et de la « rébellion» chez certains. Des joueurs ont été black-listés et écartés avant qu’il ne se résigne à les convoquer. Mais, bien évidemment, ils ont refusé ce changement d’attitude du sélectionneur sous pression, en particulier celle des médias, ne voulant pas être des roues de secours.
L’indiscipline a bien régné dans le groupe des Verts depuis le départ de Gourcuff, avant d’atteindre son paroxysme avec le sélectionneur Rabah Madjer. Questionné sur l’indiscipline qui caractérise la sélection actuellement, Belmadi dira : «J’ai conscience de ce qui se passe en équipe nationale. Il faut un code de bonne conduite dans toute équipe, club, fédération ou sélection. Dans ma méthode de fonctionnement, je pars du principe de mettre tout le monde sur la même ligne, redistribuer les cartes et faire en sorte qu’on respecte cette équipe nationale.» «Je suis sûr et certain qu’au niveau disciplinaire, il n’y aura pas de souci, car les joueurs seront dévoués. Soyez sûrs qu’il n’y aura pas de souci à ce niveau», a conclu le sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi.

Retaper le moral des troupes
Les joueurs ont perdu confiance à cause des «petits clans», et ils ont surtout perdu cette hargne, cette envie de se surpasser devant l’incapacité du staff technique du sélectionneur Rabah Madjer à trouver les justifications à sa « méthode de travail ». Et c’est cette perte de confiance et d’envie de se surpasser qu’il faudra rétablir pour obtenir des résultats. Ainsi, un très grand travail psychologique attend le nouveau staff technique de l’Algérie sous la houlette du coach Djamel Belmadi. Il doit beaucoup parler avec les joueurs et les mettre en confiance, car le temps de deux ou trois séances d’entrainement ne suffit pas pour trouver -ou plus exactement pour retrouver- les mécanismes de groupe, pour une équipe en réelle perte de vitesse. Surtout sur le plan moral. Il faut un véritable esprit de « gagneur » pour retrouver la confiance.
Cela passera par l’encouragement des joueurs à redoubler d’efforts et retrouver cette envie d’aller de l’avant.

Retrouver l’équilibre
D’ailleurs lors de sa première conférence de presse, le nouveau sélectionneur a bien développé sa philosophie du jeu. «Ce n’est pas du défaitisme ce que je vais dire mais, déjà, il faut se qualifier pour cette Coupe d’Afrique et revenir vite à l’essentiel. Je participe à une compétition pour la gagner avec la volonté de faire le maximum. On va me prendre pour un fou, mais je le dis je veux gagner la Coupe d’Afrique», affirme Belmadi. «Le prochain stage, on est déjà dans le travail. Chaque moment et chaque jour je serai dans le travail. Je ne m’interdis rien. Même pas d’aller au bout», a déclaré Belmadi qui a envie de «remettre des choses en place, mais je sais qu’il me faudra du temps. L’idée c’est qu’à terme on contrôle notre jeu et nos matchs en ayant un équilibre : attaquer tout en ayant une sécurité défensive». Tout sera à faire.