Pour relancer l’économie, fragilisée par la pandémie de la Covid-19, il va falloir travailler dur afin de «remonter la pente», a estimé Djamal-Eddine Bouabdallah, président du Cercle du commerce et de l’industrie algéro-espagnol (CCIAE), s’exprimant hier dans l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III. Et pour mettre de l’ordre, il faudrait revoir la question de l’économie parallèle, «qui demeure un vrai problème pour les IDE», estime-t-il, ajoutant que «lorsque vous dites à un investisseur que le parallèle représente 40%, cela fait peur». Pour le président du CCIAE, l’entreprise algérienne a subi une suite de crises. «Il ne faut pas oublier que 2019 était déjà une année blanche, il y avait beaucoup d’hésitations face au contexte politique d’alors. Après les élections, alors que l’entreprise commençait à espérer survient la crise de la Covid-19 !» Aujourd’hui, il y a lieu de remettre en place la situation. Après concertations avec les fédérations patronales et les associations professionnelles, un rapport contenant une série de recommandations a été soumis au Premier ministère, un prélude d’une refonte du modèle économique nationale. Bouabdallah préconise, par exemple, que l’Etat renonce à encaisser les échéances fiscales et parafiscales pour 2020, que les chefs d’entreprise, selon lui, «ne pourront pas payer», en raison des conséquences de la situation sanitaire actuelle. Il demande, également, une accélération des procédures d’accès au crédit, un allègement des procédures, la reconduction des autorisations et des homologations, de même que l’implication des collectivités locales pour la facilitation des démarches administratives et organiser le déconfinement. Et aussi l’échelonnement des dettes de 2019. Pour lui, il faut une nouvelle réorganisation. Un bon climat des affaires est tributaire de la stabilité juridique. «Le code actuel date des années 90, il s’agit de le revoir en prenant en compte les aspects structurel et fonctionnel de cette activité», note-t-il. Pour attirer les IDE, il faudrait asseoir une stratégie industrielle «claire et précise», amarrée à un socle solide. Bouabdallh estime, à cet effet, que les représentants d’entreprises, mais aussi les partenaires sociaux, sont partie prenante de la régulation de l’économie. A travers l’ouverture qui se précise vers la destination Algérie, il juge que l’abandon du système 51/49 est une bonne chose mais n’est pas suffisant. Pour Bouabdallah, il y a des ajustements et des réformes à opérer, d’autant, relève-t-il, que l’Algérie «est un marché intéressant et va le devenir» davantage, notamment avec l’ouverture de l’Union douanière avec l’Afrique en janvier 2021. Il faudrait aussi rester attentif face aux pays de l’Europe «qui vont subir des croissances négatives avec les possibilités de délocalisation».
«Le taux de TVA le plus faible au monde»
«Nous avons le taux de TVA le plus faible au monde, c’est dramatique. Dans tous les pays du monde c’est la taxe la plus importante», il faudrait revoir tout ça, déplore Bouabdallah.
Ce dernier recommande de «frapper» l’informel par le biais de la fiscalité, le système des «deux poids, deux mesures», entre celui-ci et les entreprises légalement installées, ne pouvant sans cesse perdurer. Pour lui, c’est au gouvernement qu’il appartient de combattre ce phénomène, observant qu’il est temps, pour cela, «de lancer le processus». En attendant la rédaction d’un nouveau code fiscal, il propose d’appliquer le système de forfait à l’encontre de celui-ci, en attendant une véritable réorganisation. D’un autre côté, Bouabdallah préconise de mettre à jour les statistiques et d’actualiser les informations pour avoir une visibilité sur l’Etat de l’économie nationale pour les investisseurs étrangers mais aussi nationaux «qui ont besoin d’y voir clair». Il recommande de sérieusement réfléchir à mettre en place une structure comme ce le fut avec le ministère du Plan à une certaine époque. Pour le président du CCIAE, le marché algérien devient de plus en plus intéressant, pour peu que l’on s’organise. «Nous avons un avantage comparatif parmi les meilleurs du pourtour méditerranéen et des pays comme l’Italie, la France et l’Espagne n’auront pas à réfléchir à venir chez nous».<