Dix soldats maliens ont été tués mercredi dans une attaque imputée à des terroristes contre leur poste dans le centre du pays, un des foyers de la violence qui ensanglante le Sahel. C’est la plus meurtrière en 2021 contre les forces maliennes, qui ont perdu des centaines d’hommes de la sorte ces dernières années. Les assaillants ont eu recours à un véhicule blindé, selon un responsable sécuritaire et un porte-parole de l’armée française. Le poste de Boni, entre Douentza et Hombori, dans la région de Mopti, a été attaqué vers 06H00 (locales et GMT) « par des individus lourdement armés à bord de véhicules blindés », a-t-il dit, cité par l’agence AFP. Dix dépouilles ont été acheminées par un hélicoptère de la mission de l’ONU (Minusma) à l’aéroport de Sévaré, près de Mopti, et huit blessés évacués vers un hôpital, ont précisé des responsables locaux sous le couvert de l’anonymat, suivant une pratique courante pour de telles informations. L’attaque a causé des dégâts importants dans le camp, selon un des responsables sécuritaires. L’armée malienne a indiqué sur les réseaux sociaux avoir reçu l’appui aérien de Barkhane, la force française au Sahel. Une information confirmée par le porte-parole de l’armée française: le colonel Frédéric Barbry, selon l’agence AFP, qui a fait état de l’intervention d’un drone, ainsi que de mirages 2000 et de deux hélicoptères Tigre. « Les forces armées maliennes ont procédé à un repli tactique et se sont regroupées à l’extérieur du camp pour contenir les assaillants et appeler les renforts », a-t-il expliqué. Le secteur a été le théâtre dernièrement d’intenses opérations, comme l’opération baptisée Eclipse et conjointe aux armées malienne et française. L’armée malienne avait rapporté le 26 janvier qu’Eclipse avait « neutralisé » une centaine de terroristes.. Dans ce secteur, trois soldats français ont été tués par une mine artisanale fin décembre, et six soldats maliens ont été tués dans deux attaques fin janvier. Un sommet doit réunir les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) les 15 et 16 février à N’Djamena pour faire le point sur la situation sécuritaire dans la sous-région.