Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) a réagi, hier, au sondage effectué par les opérateurs de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop), une enquête d’opinion rendue publique avant-hier à Alger.

«Il s’agit d’une bonne initiative que d’effectuer de pareilles études d’autant qu’elles sont non gouvernementales et permettent d’enrichir le débat sur la santé dans notre pays», a déclaré son président. Messaoud Belambri a estimé que les résultats du sondage «confirment» les «appréciations» et les «observations» effectuées régulièrement par le syndicat des pharmaciens en ce qui concerne la réalité du marché du médicament en Algérie, «en particulier dans son volet de distribution et de consommation». Le consommateur algérien «s’adresse à trois pharmacies d’officine pour trouver l’intégralité des médicaments dont il a besoin», a précisé M. Belambri. Indiquant que la «question de la disponibilité» de certains produits «continue d’être posée» et mérite «qu’elle soit régulièrement débattue» pour parvenir à une solution aux «dysfonctionnements» constatés.
Le sondage publié par l’Unop, considère-t-il, devrait servir d’élément à ce débat, «avant que d’autres sources d’information nouvelles viennent l’enrichir», a souhaité le président du Snapo qui s’est félicité de la «confiance que les Algériens ont maintenant dans le médicament fabriqué chez eux». «C’est un progrès considérable que les Algériens comprennent que les médicaments fabriqués dans leur pays ont la même qualité et la même valeur thérapeutique» que ceux fabriqués à l’étranger, a-t-il dit. «Cette confiance est un atout considérable pour les opérateurs locaux qui vont pouvoir poursuivre leurs investissements ainsi que leur politique de recherche et de développement et parvenir à couvrir les besoins du marché national à des taux supérieurs que ceux enregistrés actuellement». L’objectif fixé par le gouvernement, rappelle-t-on, est d’atteindre un taux de couverture de 70% à l’horizon 2019-2020, c’est-à-dire à très court terme. «La confiance dans le médicament, fabriqué dans notre pays, et la confiance dans le pharmacien d’officine et le service qu’il offre aux patients et aux consommateurs d’une manière générale, constituent une valeur non négligeable dans l’évolution du marché» du médicament, a-t-il poursuivi.

Pharmacies de garde, «le respect de la réglementation avant le gain»
Y a-t-il réellement, en Algérie, une disparité et une inégalité entre le pays citadin et le pays rural dans l’accès au médicament ? Les résultats du sondage réalisé par l’Unop constatent cette disparité. Elle est, cependant, «normale», estime Messaoud Belambri. Il affirme que «la couverture en médicaments et produits pharmaceutiques est convenablement assurée et bien répartie» à travers l’Algérie, ajoutant que les zones rurales «ne sont pas moins servies en matière d’activité pharmaceutique» que les autres parties du territoire national. M. Belambri n’exclut toutefois pas «certaines spécificités inhérentes aux zones reculées». «Il n’y a pas d’inégalité, mais une différence de perception, d’opinion, d’habitude et de comportement» du consommateur, selon qu’il soit en milieu urbain ou en milieu rural, a insisté le président du Syndicat des pharmaciens d’officine. «L’un des aspects les plus encourageants et les plus rassurants est que nous n’avons pas de régions moins pourvues que d’autres en matière d’approvisionnement en médicaments et produits de pharmacie», a-t-il conclu à ce sujet.
Sollicité au sujet du service des gardes de nuit des pharmacies d’officine, le président du Snapo s’est montré soulagé des nouvelles dispositions d’organisation en vigueur. «Auparavant, le service de nuit n’était pas assuré convenablement. Il y avait une anarchie dans l’organisation du temps de travail. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est tant mieux», a-t-il jugé. L’arrêté ministériel récemment promulgué vient opportunément organiser les horaires de travail durant les jours fériés, les week-ends et les gardes de nuit», a-t-il souligné avec «soulagement». Certes, les mesures contenues dans l’arrêté ministériel ne font pas que des heureux dans la profession, certains pharmaciens d’officine préférant prolonger leur activité du jour au soir, mais ce n’était plus possible de continuer ainsi. «Si on continue à ouvrir le soir à des heures tardives, pourquoi, dans ce cas, faire une garde de nuit», s’est-t-il demandé. «On fait des efforts énormes pour assurer ce service de garde et l’appliquer selon les normes. Il faut que cet effort soit maintenu et respecté», a-t-il relevé. Avant d’insister pour que «la garde de nuit, si nécessaire pour le patient et la santé publique, en général, ne doit pas être altérée ni concurrencée par de mauvaises pratiques et de manière illégale et anarchique. Pour le bien de tous, le respect de la réglementation passe avant le gain».