Par Bouzid Chalabi
«Devant l’urgence, point de tergiversation». Un adage qui sied bien à la situation de crise de l’eau potable que traverse actuellement la wilaya de Tipasa. En effet, la solution la plus appropriée et retenue jusqu’ici par le ministère de tutelle, pour améliorer sensiblement la distribution du précieux liquide dans les communes les plus impactées, serait d’accélérer la réalisation du projet de transfert des eaux à partir du barrage de Kef Eddir (wilaya de Tipasa). Il s’agit en clair de réduire le délai d’exécution des travaux du projet susmentionné, et passer à 21 mois au lieu de 27 mois comme fixé initialement.
C’est ce que rapporte un communiqué du ministère des Ressources en eau et de Sécurité hydrique rendu public hier lundi 20 septembre. Et où il est souligné à son entame que ladite décision intervient en application des instructions du ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni, visant à accélérer le rythme de réalisation du projet. On lit que ce projet «d’envergure» prévoit la réalisation de 110 kilomètres linéaires de canalisations, 14 stations de pompage, 13 réservoirs d’une capacité de 140 000 m3, outre une station de traitement des eaux d’une capacité de production de 210 000 m3/jour, devant être réceptionnée en trois étapes, favorisant chacune la production et le transfert de 70 000 m3 d’eau/jour pour assurer l’approvisionnement des citoyens en eau potable, ajoute le document. Toujours selon la même source, la réception de ce projet se fera en deux phases à partir de 2022. Dans la première, il est prévu la réalisation de la principale station de pompage, d’une canalisation de transfert des eaux vers le réservoir principal assurant l’approvisionnement des communes de Beni Mileuk et Damous (Tipasa). Quant à la deuxième, elle verra la livraison du raccordement du principal réservoir de la commune de Damous à celui de Sidi Moussa, commune de Nador, en passant par la principale station de pompage dans la commune de Sidi Ghilès, d’une capacité de production de 100 000 m3/jour, précise le ministère dans son communiqué. On apprend également que Cosider Canalisations, l’entreprise chargée du projet, s’est engagée à mener les travaux de génie civil des réservoirs et de la station de traitement début octobre prochain. Toujours dans ce même registre, il est mentionné que l’approvisionnement du projet, notamment en canalisations en fonte, est en cours actuellement à la faveur d’un marché conclu avec l’entreprise publique Anabib.
Au sujet des améliorations techniques à exécuter à court terme, elles concernent les communes du centre et de l’ouest de la wilaya de Tipasa, a fait savoir la même source, ajoutant que ces modifications interviennent dans le cadre du schéma directeur confié à Seaal. Il sera procédé également au lancement de la réalisation de 60 kilomètres linéaires de canalisations pour le transfert des eaux du barrage Kef Eddir à la station de traitement de la commune de Sidi Amar afin d’approvisionner les communes de Tipasa, Sidi Ghilès, Sidi Amar, Menaceur, Hadjout, Merad et Nador. Ce «projet à vocation régionale» profitera aux wilayas d’Aîn Defla et Chlef (communes de oued Goussine, Breira, Beni Haoua) et couvrira les besoins de 58 localités rurales dans les communes de Damous, Larhat, Beni Mileuk, Cherchell, Gouraya, Messelmoun, Aghbal, Hadjret Ennous, Sidi Semiane, Sidi Moussa et Nador.
Dans le cadre du marché conclu avec Cosider Canalisations, il sera procédé au raccordement de trois puits dans la commune de Messelmoun pour alimenter la commune de Sidi Ghilès en eau potable, et ce avec la pose de 10 kilomètres linéaires de canalisations en raison du déficit enregistré actuellement dans les eaux superficielles (barrage Boukerdane).
Dans l’attente de la livraison dudit projet, l’offre en eau potable dans la wilaya de Tipasa va connaître un ajout considérable à partir de la fin du mois d’octobre prochain par l’entrée en production d’une station de dessalement implantée dans la commune de Fouka Marine d’une capacité de 10 000 m3/jour. n