Par Bouzid Chalabi
Les communiqués de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) se sont multipliés ces dernières semaines faisant tous part de coupures de l’alimentation en eau potable ici et là dans le Grand-Alger avec le même motif invoqué : «Intervention technique sur le réseau de distribution». Le dernier en date concerne le sud-est du Grand-Alger et plus précisément la commune de Baraki. Et où on apprend de cette même source que de gros travaux sont engagés et à cet effet, le programme de distribution est appelé à des changements. Un autre coup dur pour les habitants.
Mais toujours est-il que ces annonces d’arrêt de la distribution d’eau potable, certes, momentanés, sont très mal accueillies par les populations car déjà subissant un régime mis en place par la Seaal, depuis le mois de juin dernier, des plus drastiques et qui, plus est, défaillant, poussant à la colère les habitants de nombreux quartiers au point de barrer la route à la circulation. Des scènes de désarroi qui renseignent sur le niveau de désenchantement de la population, surtout désabusée par les promesses des autorités du secteur. Ces dernières avançant en grande pompe que la distribution de l’eau potable va s’améliorer dans le sens où le programme en place va connaître une révision à la hausse de la durée de l’eau dans les robinets et des horaires moins contraignants pour les foyers. Il faut dire aussi que les populations du Grand-Alger sont à la veille de boucler leur quatrième mois de régime en eau potable. Et du coup elles s’interrogent si cette situation va se poursuivre.
Pour l’heure, tout indique qu’elles devront prendre leur mal en patience car tout ce qui a été décidé jusqu’ici comme mesures pour améliorer la distribution ne devrait connaître un début de concrétisation qu’à partir de 2022. C’est en tout cas l’une des priorités du gouvernement en place comme l’a annoncé le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, à l’occasion de la présentation du Plan d’action du gouvernement à l’APN, lundi. Il a ainsi indiqué dans ce sillage que le Gouvernement va s’employer à augmenter la capacité de production d’eau par dessalement à 3,8 millions m3 par jour, en 2024, afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable de l’ensemble du territoire national avec le soutien de l’Etat. Insistant sur l’objectif d’atteindre la sécurité en eau et compte tenu de l’impact direct de cette matière vitale sur la qualité de vie et son rôle d’accompagnement du développement social et économique dans le pays.» C’est pourquoi le gouvernement s’engage à ce que l’ensemble du territoire national soit approvisionné en eau potable avec l’aide de l’Etat en augmentant la production d’eau par dessalement», a confié le Premier ministre. Toujours dans le cadre d’assurer la sécurité en eau du pays, Aïmene Benabderrahmane a indiqué que l’Exécutif va s’employer à porter le taux de raccordement au réseau d’eau à 99% et à rationaliser la consommation d’eau et les économies en combinant le dessalement d’eau de mer sur une distance de 150 km, à partir du littoral, et le raccordement entre les barrages et les systèmes de transfert d’eau ainsi qu’à l’exploitation des ressources souterraines dormantes au nord du Sahara».
A propos des ressources hydriques conventionnelles, le Premier ministre a affirmé à la même occasion que le gouvernement œuvrera à leur augmentation à 12 milliards m3, à travers la réalisation et l’exploitation de nouveaux barrages pour atteindre 85 barrages en 2024, outre la réalisation de petits puits et de prises d’eau, en augmentant également le nombre de petites installations de 592 actuellement à 630 à l’horizon 2024.
En somme, c’est un Plan d’action qui va s’étaler sur au moins deux ans avec comme objectif précis d’assurer la distribution d’eau potable aux populations de manière pérenne. D’ici là, des améliorations dans la distribution seront palpables sur le terrain. Mais pour l’heure, les populations vont devoir faire avec un régime de distribution des plus contraignants. Sauf si par miracle nos volumes d’eau conventionnelle (barrages) atteignent des niveaux de confortabilité en matière d’offres par l’effet d’une pluviométrie abondante et fréquente durant l’automne et le début de l’hiver. n