Le refus de Djamel Ould Abbès de céder sa place à la tête du parti du Front de libération nationale (FLN) n’a pas empêché ses détracteurs d’avoir raison de lui et de le pousser vers la porte de sortie. Comme prévu, le directoire pour gérer le parti a été installé, hier, avec Mouad Bouchareb comme coordinateur.

Cette instance est composée de membres du Bureau politique du FLN, ainsi que de parlementaires, en l’occurrence, Leïla Tayeb, Mahmoud Guemmama, Saïda Bounab, Saïd Lakhdari, Mustapha-Karim Rehiel et Samia Bouras-Kerkouche. Dans son allocution, M. Bouchareb a affirmé que l’objectif du directoire consistait « à rétablir le bon fonctionnement du parti et à resserrer les rangs de ses militants sans exclusive, en permettant au parti de préserver sa place de leader sur la scène politique nationale ».
Dans un communiqué rendu public à l’occasion, les membres de l’instance ont indiqué que c’est «conformément aux instructions de Son Excellence le président de la République, président d’honneur du parti, visant à consolider l’unité du parti et le renforcement de la cohésion entre ses militants à travers la réhabilitation du militantisme, en insufflant une plus grande efficacité aux structures de base du parti » que « cette instance est mise sur pied ».
Il a été précisé, également, qu’une autre structure exécutive constituée de cadres du parti, dont le nombre et la composante seront définis ultérieurement, sera mise sur pied sous peu. L’instance qui assurera l’intérim au FLN, en attendant la convocation d’un congrès pour élire un nouveau secrétaire général, est chargée, selon le même communiqué, « de garantir un nouveau départ au parti dans le cadre de l’unité ».
L’instance, qui se donne la responsabilité de redresser le FLN, œuvrera «au renforcement de l’Etat pour la concrétisation du programme de développement » du chef de l’Etat. Lors d’un point de presse animé à l’occasion, Mouad Bouchareb, le nouveau patron du FLN, s’est refusé à tout commentaire sur la prochaine présidentielle. Il a indiqué qu’il s’exprimerait « le moment venu sur la question», préférant résumer sa première sortie au nom du FLN «au redressement du parti».
Selon des échos, notamment des sénateurs de l’ex-parti unique, il est attendu «un congrès extraordinaire réunificateur», dont le but «est de mettre hors d’état de nuire les hommes d’affaires qui ont pris en otage le FLN ». Selon Mahmoud Kissari, sénateur de Laghouat, « Ould Abbès a écarté tous les courants du parti, hormis les hommes d’affaires».
Sur ce, il a souligné que le prochain congrès « ouvrira les portes à toutes les tendances au sein du parti ». Contacté par téléphone, Ahmed Boumahdi, membre du Comité central et proche d’Ould Abbès, a dénoncé « le procédé pour écarter Ould Abbès », regrettant « un coup de force contre les statuts du parti ».