Hier, lors d’une plénière consacrée à la présentation et aux débats du projet de loi de finances 2021, la Commission des Finances et de budget de l’Assemblée a levé le voile sur les détails des transferts sociaux et des montants que l’Etat entend injecter en soutien aux familles et aux secteurs à forte connotation sociale au titre du prochain exercice budgétaire. Les chiffres fournis, hier, par la représentante de ladite commission donnent le tournis. Le montant global des transferts sociaux prévu dans le projet de budget pour 2021 dépasse les 1900 milliards de dinars, ce qui équivaut à 9,4 du Produit intérieur brut (PIB), alors que les finances du pays continuent à être sous une forte pression sous l’effet de la chute des prix du pétrole et du déclin de la croissance économique. Le montant marque ainsi une croissance de 4,3%, soit de 79,98 milliards de dinars par rapport aux dépenses dédiées aux transferts sociaux au titre de l’actuel exercice budgétaire ; une déception pour les économistes qui s’attendaient à une tournure austère dans la politique sociale du gouvernement au profit de la croissance et des secteurs à forte contribution au PIB. Les 1927,5 milliards de dinars de transferts sociaux au titre de l’année 2021 sont dédiés essentiellement au soutien à l’Habitat, la Santé et aux familles. Les trois secteurs monopolisent ainsi 63,8% de l’ensemble des dépenses injectées dans les transferts sociaux. Le soutien aux familles accapare 468,99 milliards de dinars des 1927,5 milliards dédiés aux transferts sociaux, en hausse de 3,5% comparativement au budget de cette année. Le soutien aux familles se rapporte essentiellement aux subventions des prix des produits de première nécessité à hauteur de 197,2 milliards de dinars. Le soutien à l’Habitat capte en revanche 420,95 milliards de dinars, en hausse de 9,5% par rapport au budget de 2020, alors que le soutien au secteur de la Santé, en première ligne dans la lutte contre la propagation du virus Covid-19, est estimé à 340,7 milliards de dinars dans le budget de loi de finances 2021, en baisse de 3,96% en comparaison avec les dotations prévues pour cette année. Le secteur attendait pourtant un soutien beaucoup plus important de l’Etat pour faire face aux conséquences du choc pandémique sur les infrastructures et les effectifs de la santé. Les statistiques rapportées par la commission des finances et du budget de l’Assemblée sont restées, néanmoins, muettes sur les subventions canalisées au profit des entreprises publiques et des organismes étatiques. Les subventions implicites aux produits énergétiques qui, il est utile de le souligner, pèsent pour près d’un tiers dans le budget de l’Etat, ne sont pas non plus évaluées par ladite commission. Auditionné la semaine dernière par la Commission des finances et du budget de l’APN, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, avait révélé que le groupe Sonatrach a cumulé des créances de l’ordre de 897 milliards de dinars dues au soutien de l’Etat au prix des carburants durant la période allant de 2015 à 2020. Sur la seule année 2020, ces créances ont atteint jusqu’ici 145 milliards de dinars. Quant aux créances cumulées par le groupe Sonelgaz durant la période 2015-2020, dues à la différence entre le prix de revient de l’électricité et du gaz et les prix subventionnés par l’Etat, Abdelmadjid Attar a levé le voile sur un montant de 314 milliards de dinars. Pour ainsi dire, le rapport présenté, hier, par la commission des finances et du budget de l’APN, à l’issue de la présentation du projet de budget pour 2021 par le ministre des Finances, aura permis d’avoir une idée précise sur les montants injectés annuellement par l’Etat en guise de soutien aux prix et aux secteurs à forte connotation sociale. <