La limite d’âge fixée pour bénéficier des facilitations et avantages du dispositif de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC), sera prolongée et passera de 50 à 55 ans. L’annonce a été faite, hier, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali.

« Il a été décidé de prolonger l’âge fixé pour bénéficier du dispositif de la CNAC à 55 ans au lieu de 50 ans. Une proposition d’amendement des textes réglementaires régissant ce dispositif a été approuvée récemment, en attendant la publication du décret présidentiel dans le Journal officiel », a précisé le ministre. C’est peut-être l’heure de vérité pour la réforme tant attendue des dispositifs d’accès à l’emploi des jeunes. Le ministre a tenté de mettre sous les feux de la rampe les grandes lignes de cette réforme, en attendant de connaître ses détails qui devraient figurer dans un décret, attendu pour bientôt, à en croire Mourad Zemali.
Ce dernier, s’exprimant, hier, à l’ouverture de la rencontre nationale des Directeurs de wilayas des dispositifs ANSEJ et CNAC, a indiqué que des amendements ont été apportés à la loi-cadre sur le fonctionnement des dispositifs Cnac et Ansej dédiés aux jeunes porteurs de projets et aux chômeurs. Les deux dispositifs d’accès à l’emploi ont été souvent critiqués et présentés comme un moyen peu efficace pour absorber le chômage qui touche essentiellement les jeunes catégories. Les concepteurs des dispositifs parmi les administrateurs officiels se sont efforcés à dédramatiser la situation. Néanmoins, ils n’ont jamais exclu la nécessité de réformer les deux dispositifs à même de les adapter à la réalité du marché du travail et des besoins de l’économie.
Il y a quelques années déjà, du temps où Tayeb Louh était encore ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, un projet d’une réforme des dispositifs en question faisait déjà son petit bout de chemin, mais dont les résultats n’ont jamais été jusqu’ici annoncés. L’actuel ministre de la Justice avait indiqué que « les mécanismes de création d’emplois (Cnac, Anjem, Ansej) feront l’objet de réformes, car le problème essentiel étant le financement bancaire. Aussi, nous parviendrons après les propositions que nous ferons au gouvernement sûrement à des solutions ».
Tout cela s’inscrivait, selon le ministre, dans le cadre de l’amélioration des possibilités d’emploi, à travers tout le pays. Si jusqu’ici, tout semble s’être plutôt bien passé, de l’avis des responsables officiels qui n’ont jamais pu admettre les limites de cette politique en matière d’emplois, les propos du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale représentent probablement le début d’une réelle remise en cause de cette politique d’emplois, souvent décriée par les économistes.
Tout en défendant la formule Cnac et Ansej, le ministre a admis que les correctifs apportés étaient plutôt nécessaires à même de les rendre plus souples et plus efficaces. Chiffres à l’appui, Mourad Zemali a fait savoir que grâce au financement de 3.474 micro-entreprises en 2018, le dispositif de la Cnac a contribué à la création de 8.598 emplois directs, au lancement des projets, avec un taux de remboursement estimé à 62%. Ces remboursements, s’est-il félicité, ont permis le financement de 40% des projets inscrits au titre de l’année écoulée, sachant que ceux relevant du secteur de l’agriculture sont passés de 3 % en 2011 à 46.3 % en 2017 puis à 51.8 % en 2018, tandis que les activités liées à l’artisanat ont également connu une hausse, passant de 2.2 % en 2011 à 21.2 % en 2018. En revanche, le nombre de projets créés dans les services (dont les transports) a connu une baisse, passant de 87.5 % en 2011 à 13.2 % en 2017 puis à 9.8 % en 2018, a-t-il poursuivi. S’agissant des montants des crédits octroyés dans le cadre de la CNAC, le ministre a fait savoir que 82.37 % des projets créés depuis le lancement de la caisse ont été financés à hauteur de moins de 5 millions DA. Par ailleurs, 25.4 % des projets ont été dotés de prêts allant de 1 à 2 millions DA, 24.99 % entre 2 et 3 millions DA alors que 3 % de la totalité des projets seulement ont bénéficié de crédits de plus de 9 millions DA, a-t-il avancé.
Au-delà des chiffres communiqués par les responsables, le chômage continuait à grignoter d’importantes parts de jeunes parmi les diplômés et les sans qualifications.
Depuis quelques semaines, l’Exécutif fait montre d’inquiétudes en tout cas sur les risques d’une hausse du taux de chômage sous l’effet des arbitrages budgétaires imposés par la conjoncture.<