L’Agence nationale au soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) est à la veille d’adopter une nouvelle stratégie, qui consiste à orienter les jeunes vers des projets porteurs selon un schéma directeur, axé sur la mise en œuvre d’une cartographie des besoins réels de chaque région du pays. C’est la directrice de l’Ansej Samia Djaider qui rapporte l’information. Cette dernière, qui se prononçait lors de la tenue d’une journée d’information sur l’Ansej et la Cnac, organisée hier par le groupe parlementaire indépendant à l’APN, a indiqué « le but à travers cette initiative est de rendre le financement de projet objectif ». Toutefois, elle a indiqué que « la concrétisation de cette cartographie reste tributaire de l’implication de toutes les parties prenantes sans exception aucune ». Elle a également fait savoir que son agence compte procéder à quelques correctifs concernant le financement des équipements car, selon elle, des dérives ont été observées sur le terrain. « Dorénavant, les fournisseurs ne percevront que 10% de la valeur des marchandises destinées à leur client, jeune porteur de projet, et ce n’est qu’à la livraison totale de la marchandise et confirmée avec ce qui a été convenu, qu’ils pourront percevoir le reste de leur dû », a expliqué la responsable de l’Ansej. Elle a révélé dans ce sillage : «Des fournisseurs ont non seulement gonflé leur prix mais, en sus, fourni du matériel qui ne correspond pas à ce qui a été mentionné dans la facture pro forma. Du coup, nous avons établi une liste de fournisseurs exclus du dispositif Ansej. » Notons que cette responsable a livré aux parlementaires indépendants quelques données sur son agence. Rappelant en premier que depuis sa création, en 1997, l’Ansej a financé près de 350 000 projets de création d’entreprises, elle a révélé que 10 % d’entre ces projets non pas abouti. Et d’avouer à demi-mot qu’une majeure partie d’entreprises, créés grâce au soutien financier de l’agence, sont en proie à des difficultés et ce n’est qu’avec le Fonds de garantie (Fgar) que de nombreuses jeunes entreprises arrivent à se maintenir en activité.
Toujours dans ce même registre, elle fera savoir que 37% des porteurs de projet sont des universitaires et le reste des diplômés de centre de formation professionnelle.
De son côté, le Directeur de la Caisse nationale d’assurance chômage (Cnac) Mahiedine Ouaganouni a, pour sa part, révélé que le nombre de dossiers cumulés déposés auprès de la Cnac avoisine les 41 000 pour 150 000 projets financés pour un montant alloué de 143 milliards de dinars. Comme il a tenu à faire remarquer qu’en 2019 ses services ont enregistré le dépôt de 219 dossiers contre 170 dossiers en 2018. Il a ajouté pour ce qui concerne les accords de financement de projet que leur nombre s’est élevé, en 2019, à 7 000 contre seulement 4 300 en 2018. Pour ce qui concerne les entreprises sinistrées, il dira que certaines peuvent être sauvées « dès lors où elles ont des créances impayées », a-t-il fait remarquer à l’assistance. Interrogé en marge de la journée d’information pour en savoir un peu plus sur le cas des entreprises en difficultés, la direction générale appelle leur patron à se rapprocher de ses services « car nous sommes conscients que chaque entreprise en cessation d’activités a son propre problème. Et donc nous sommes prêts à traiter ces dernières au cas par cas avant de décider de poursuivre en justice leur propriétaire», a conclu la directrice de l’Ansej.