La vente du livre scolaire continuera de se faire dans les établissements scolaires, a indiqué le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabded, jeudi dernier. Cependant, aucune clause dans le statut particulier ne contraint les travailleurs de l’Education d’assurer la vente du livre scolaire. La tutelle doit ainsi trouver une «solution appropriée» dans l’objectif de réussir la distribution du livre scolaire et de les mettre à disposition des élèves.

PAR MILINA KOUACI
A chaque rentrée scolaire, le problème de la disponibilité du livre scolaire se pose. Les parents d’élèves et les syndicats du secteur dénoncent une mauvaise gestion de la distribution et de la vente du livre scolaire qui s’est accentuée avec le «refus» des directeurs des établissements scolaires d’en assurer la vente.
Ces derniers déplorent l’insuffisance des points de vente dédiés à cette opération, bien que l’Office national de publication scolaire (ONPS) avait agréé des librairies en fixant la marge de bénéfice à 8%. L’ONPS a également conclu un accord avec la plateforme de e-commerce Jumia pour commercialiser le livre scolaire et ce, dans le souci de réduire la pression sur les écoles et librairies.
L’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), estime nécessaire de trouver des mécanismes pour remédier à ce problème. «La tutelle doit trouver une solution pour permettre aux élèves de se procurer les manuels scolaires», dit Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. Il propose en particulier de multiplier les points de vente. «Il n’y a pas assez de points de vente, d’où cette importante affluence sur les librairies concernées.» Au niveau d’Alger, ajoute notre interlocuteur, qui dispose de centaines d’établissements scolaires, quelques libraires seulement ont été agréées ; ce qui a rendu l’acquisition du livre scolaire difficile.
Le porte-parole de l’Unpef propose également à l’ONPS d’instituer des primes au profit des travailleurs de l’Education qui se chargent de la vente du livre scolaire, du moment que le statut particulier ne les contraint pas d’effectuer cette tâche. «Il faut instituer une prime pour les travailleurs qui se chargent de la vente du livre scolaires», insiste M. Zegar. Outre les librairies, il indique que l’ONPS est en mesure d’ouvrir des points de vente par le biais du Centre régional de distribution de document pédagogique (CRDDP). «Si le CRDDP n’arrive pas à distribuer le livre scolaire, il doit revoir sa stratégie et ouvrir des points de vente dans chaque commune», ajoute notre interlocuteur. De son côté, le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) Ali Benzina, est du même avis et propose d’ouvrir des points de vente dans chaque commune. Il ajoute : «C’est un problème que nous avons soulevé à la tutelle en juillet dernier lors d’une rencontre avec les cadres», précise M. Benzina, appelant la tutelle à «trouver une solution définitive» à ce problème. Il y a lieu de préciser que le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a démenti jeudi, l’existence d’une quelconque «pénurie» des manuels scolaires, affirmant que l’opération de vente avance à «un rythme croissant» avec une baisse de pression sur les établissements éducatifs et les points de vente dans plusieurs wilayas. Il a souligné qu’«aucune annulation de vente des manuels scolaires n’a été décidée, tout comme aucun changement ne s’est produit sur les modes de leur acquisition, la vente devant se faire en priorité à l’intérieur de ces établissements».