Le Directeur commercial de l’Institut Pasteur, le Dr. Abderazzak Soufi, a affirmé, hier, que l’institut avait récemment acquis 950 000 doses de vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

«En dépit des conditions sanitaires difficiles dues à la propagation de la Covid-19 et la suspension du trafic aérien dans le monde, l’Etat a réussi à obtenir ces vaccins», a-t-il rassuré dans une déclaration à l’APS. Une commande qui s’ajoute au «stock de réserve» déjà disponible et qui couvrira les besoins du prochain «calendrier national de vaccination», a-t-il ajouté.
En ce sens, le responsable, qui a tenu à «rassurer» les parents quant à la disponibilité des vaccins, ajoute que les quantités actuelles suffisent à «garantir» la vaccination des enfants «dans le cadre du calendrier national vaccinal, outre les quotas destinés aux élèves durant la prochaine rentrée scolaire». La distribution des doses vers les différents centres de vaccination du pays a, par ailleurs, nécessité cette année le concours de l’Armée nationale populaire (ANP). Le responsable précisant ici que la désorganisation des moyens de transport classiques à cause de la pandémie de Coronavirus avait rendu indispensable le recours aux moyens militaires, notamment pour les régions du Sud du pays. Le Dr. Soufi, qui affirme aujourd’hui que tous les services et les structures chargées de la vaccination des enfants ont reçu les quantités demandées en temps voulu, a cependant constaté certains dysfonctionnements, notamment le «gaspillage enregistré au niveau de certains services mère-enfant par rapport au nombre d’enfants bénéficiaires de cette opération».
Et à ce sujet, le Dr. Nadia Allem, Directrice des établissements publics de santé de proximité d’Alger Nord, a noté pour sa part qu’un «nombre très réduit d’établissements» sous sa responsabilité avait également «enregistré une rupture de vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons». La responsable ajoute toutefois que «l’administration a pallié cette situation et résolu le problème grâce à la solidarité entre ces établissements».
Assurer une couverture vaccinale de 95%
Respect du «calendrier national de vaccination» qui s’avère d’autant plus important que le système de santé mondial reste presque entièrement mobilisé dans la lutte contre la Covid-19. Le Pr. Abdellatif Bensnouci, président de la Société algérienne de pédiatrie, explique à ce titre qu’il existait des inquiétudes «quant à l’enregistrement d’une pénurie de ces vaccins inscrits dans le cadre du calendrier national durant les prochains mois en raison de la propagation de la Covid-19 qui a entravé toutes les autres activités». L’application du calendrier vaccinal permettra par ailleurs de limiter la saturation des structures hospitalières, les pathologies qui touchent, notamment les enfants durant l’automne et l’hiver à l’instar des bronchites, causent chaque année, explique le Pr. Abdellatif Bensnouci, «une grande surcharge au niveau des services de pédiatrie des établissements hospitaliers à travers le pays». Cependant, le spécialiste précise qu’une couverture vaccinale d’au moins 95% reste nécessaire pour prévenir les enfants de certaines maladies virales mortelles, «toute diminution de ce taux constituerait un danger sur cette tranche et favoriserait le retour de ces maladies». Une situation à laquelle le pays avait, pour rappel, été confronté en 2016 et 2017, deux années durant lesquelles des cas de rougeole avaient été enregistrés dans certaines wilayas du Sud. Et à ce propos le Pr. Abdellatif Bensnouci, qui a dénoncé le laxisme de certains parents dans l’adhésion aux opérations de vaccination de leurs enfants, a par ailleurs salué les efforts de l’Algérie en matière de vaccination des enfants, le taux de mortalité infantile étant passé de 150 décès pour 1 000 naissances après l’Indépendance, à 20 cas pour 1 000 naissances ces dernières années. Des efforts de l’Etat «à poursuivre» d’autant que le taux réalisés par les pays développés, à savoir 5 décès pour 1 000 naissances, mais qui ont également contribué, ajoute le spécialiste, à l’élimination de la poliomyélite en 2016 et du tétanos chez les femmes enceintes et les nouveau-nés en 2018. Une avancée qui a valu à l’Algérie l’obtention de la certification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en la matière. <