Alors que le Ramadan approche à grands pas et que les prix continuent de se maintenir à des niveaux élevés, en témoignent les dernières statistiques de l’ONS, le gouvernement se mobilise d’ores et déjà pour venir en aide aux ménages et contrer la fièvre des prix qui caractérise, traditionnellement, le mois sacré.

Par Hakim Ould Mohamed
Mercredi, le gouvernement s’est réuni pour examiner, entre autres, les mesures de préparation du mois sacré de Ramadhan, mobilisant plus d’un ministère pour remettre de l’ordre dans les marchés, habituellement, en surchauffe quand bien même l’offre est suffisante et les circuits de distributions bien huilés. Le gouvernement a décidé de prendre davantage de mesures pour assurer une meilleure régulation des marchés, en perspective d’une hausse de la consommation qui caractérise le mois du Ramadan. Lors de sa réunion de mercredi dernier, le gouvernement a, en effet, entendu une communication conjointe des ministres en charge du commerce, de l’intérieur, de l’énergie, de la solidarité nationale, de l’agriculture, de l’hydraulique, de la pêche et de la poste sur les préparatifs pour le mois sacré de Ramadan et pris plusieurs mesures pour garantir la disponibilité des produits en volumes suffisants, en plus des mesures prises en faveur du soutien au pouvoir d’achat et qui devraient entrer en vigueur dans les semaines à venir. L’exposé des ministères concernés par la question a mis en exergue les mesures prises et les dispositifs mis en place afin de permettre aux ménages de passer un mois sacré sans les traditionnels casse-têtes des prix et de la disponibilité des produits alimentaires en quantités suffisantes. Les dispositifs mis en place, détaillés dans la communication des ministres contribuant à la régulation des marchés, ont pour objectif d’assurer une disponibilité des produits alimentaires et agricoles à des prix raisonnables et l’approvisionnement régulier du marché, adapter l’organisation et le contrôle des marchés dans le but de répondre à la demande et aux besoins des citoyens durant ce mois sacré et de renforcer la lutte contre la spéculation et veiller à la continuité et la qualité des services fournis par les offices publics vitaux au profit des citoyens à travers toutes les régions du pays, particulièrement en ce qui concerne l’alimentation en eau potable, l’énergie, etc.

Régulation des marchés, une priorité
Face à l’inflation, dont le taux demeurait au-dessus de 9% en novembre, en glissement annuel, le gouvernement avait déjà pris, en 2021, plusieurs mesures se rapportant essentiellement à la hausse des salaires, à l’appréciation du dinar et à la stabilisation des prix à la consommation au moyen d’une prise en charge du différentiel entre les prix à l’importation et ceux pratiqués aux consommateurs, tout en mettant en place un arsenal judiciaire de lutte contre la spéculation et le monopole. Même si le rythme d’inflation annuel à légèrement baissé en novembre comparativement à octobre en glissement annuel, passant de 9,3% à 9,2%, les prix à la consommation sont reparti légèrement à la hausse, évoluant de 8,1% en octobre à 8,2 en novembre, nécessitant ainsi un effort supplémentaire en matière de régulation des marchés. Cela passera nécessairement par une lutte sans merci contre les circuits informels de l’économie qui favorise la spéculation et fausse la formation des prix, mais aussi contre tous les maillons qui parasitent la chaine de distribution des produits alimentaires, dont les intermédiaires qui doublent et triplent les prix. La régulation des marchés, le Président de la République en fait une priorité. D’ailleurs, à la mi-octobre, le chef de l’Etat avait présidé une réunion spéciale sur le contrôle du marché et la lutte contre la spéculation. Elle avait porté sur la situation du marché, les perturbations dans la distribution de certains produits de consommation et le diagnostic du dysfonctionnement. A l’issue de cette réunion, qui avait mobilisé l’ensemble des départements ministériels concernés, le Président Tebboune avait donné, rappelons-le, des instructions pour lutter et faire face fermement à ces comportements frauduleux à l’origine de la hausse des prix et des dysfonctionnements que connaissent les circuits de distribution. Il y a peu, alors qu’il annonçait de nouvelles augmentations des salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage, le chef de l’Etat a indiqué que cette revalorisation doit s’accompagner par une régulation des marchés et une lutte sans merci contre tous les fléaux qui gravitent autour des métiers du commerce et de la distribution. Raison pour laquelle le gouvernement se met d’ores et déjà en ordre de bataille en prévision du mois sacré de Ramadhan durant lequel les commerces non déclarés prolifèrent comme des champignons mettant à rude épreuve les efforts de stabilisation des prix. L’Etat a fait le nécessaire en matière de lutte contre l’inflation et de soutien au pouvoir d’achat, en revalorisant les rémunérations et la monnaie nationale et en mettant en place des dispositifs de compensation des hausses des prix sur les marchés mondiaux afin d’amortir leur impact sur le marché domestique, mais c’est aux départements en charge de la régulation des marchés et de la lutte contre l’informel et la spéculation de se mobiliser sur le terrain afin que ces mesures puissent être efficientes au bout de la chaine. n