Avec l’explosion des cas de contamination à la Covid-19 et, par conséquent, l’augmentation exponentiel des prescriptions du traitement des malades, dans un contexte marqué par une forte tension sur la c, l’Observatoire de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques a recommandé «la mutualisation des moyens et des efforts pour assurer un approvisionnement continue des officines réparties à travers le territoire national», annonce un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Par Sihem Bounabi
Cette recommandation a été faite suite à la séance de travail, présidée par le Dr Redha Belkacemi, en présence de plusieurs représentants du secteur, organisée jeudi dernier, visant à trouver des solutions pour garantir la disponibilité des médicaments entrant dans le cadre du protocole thérapeutique Covid-19. A cette occasion, un appel a été lancé à toutes les parties concernées pour informer le ministère de l’Industrie pharmaceutique de toute «pratique illégale de spéculation, de rétention ou de ventes concomitantes, à travers la boîte mail requetemedic@miph.gov.dz En effet, les membres de l’Observatoire ont mis l’accent sur certaines pratiques qui engendrent des pénuries des produits. Il s’agit notamment des pratiques illégales «de rétention» ou «de ventes concomitantes» sanctionnées par la législation et la réglementation en vigueur ; il s’agit également du «non-respect du protocole thérapeutique» quant à la prescription et la dispensation des médicaments impliquant des «phénomènes de rétention» et du «mésusage des traitements médicamenteux», souligne le communiqué. L’Observatoire a aussi lancé un appel pour «la coordination des efforts» dans le cadre de la prévention des problématiques d’approvisionnement et de l’anticipation des ruptures en informant le ministère de l’Industrie pharmaceutique «des produits sous tension et/ou en rupture en ville», et les «produits hospitaliers avec un stock inférieur aux seuils de sécurité» au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux. Par ailleurs, il est également recommandé de «sensibiliser les prescripteurs et les pharmaciens sur la nécessité de respecter le protocole thérapeutique et la dispensation sur prescription médicale afin d’éviter le mésusage des médicaments, l’antibiorésistance et la rétention des produits au niveau des ménages «. Dr Redha Belkacemi a tenu à rappeler l’ensemble des mesures prises par le ministère de l’Industrie pharmaceutique dans le cadre de la veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques utilisés dans le protocole de la Covid. Ces mesures consistent notamment en la réquisition du ministre de l’Industrie Pharmaceutique, visant à mettre toutes les quantités disponibles de ces médicaments sur le marché, ainsi que l’obligation de communiquer, tous les jeudis avant midi, aux services compétents du ministère les états prévisionnels de fabrication, de livraison aux grossistes, de distribution aux pharmaciens d’officine et la déclaration obligatoire des stocks et de livraison. Dans le cadre de ces mesures, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a également veillé à l’augmentation des capacités de production des médicaments Covid. Ainsi, la quantité prévue du Paracétamol à la fabrication, du 14 janvier au 28 février 2022, est de plus de 19 millions UV (6 millions UV pour le dosage 500mg et 13 millions UV dosage 1g), pour Enoxaparine, tous dosages confondus, dont la mise sur le marché prévisionnel du 14 janvier au 28 février 2022 a atteint plus de 3,3 millions UV (Pharmacie centrale des hôpitaux et officines). Quant à l’Amoxicilline, en plus de l’Acide clavulanique, la quantité prévisionnelle à la fabrication est de plus 1,3 millions UV. Pour rappel, le 16 janvier dernier, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a décidé de réquisitionner les distributeurs en gros, les importateurs et les producteurs de médicaments dans le cadre de «la riposte contre la résurgence de la pandémie de la Covid-19» et «afin de garantir un approvisionnement continu des établissements pharmaceutiques de distribution en gros», les fabricants de produits pharmaceutiques ont été instruits «d’augmenter la capacité de production, de mobiliser leurs effectifs et l’ensemble de leurs moyens afin de répondre aux besoins en produits pharmaceutiques «. Les producteurs de médicaments réquisitionnés sont également tenus de mettre sur le marché toutes les quantités fabriquées et ce dans un délai maximum de 48 heures.