Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a affirmé, hier, que des instructions avaient été données aux dix producteurs nationaux à l’effet d’augmenter leurs capacités de production et de libérer tous les stocks disponibles aux établissements de distributions. Suite à ces instructions «9 256 362 boîtes ont été mises sur le marché durant la période allant du 23 septembre au 11 novembre 2021», souligne un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Cette annonce a été faite dans le cadre de la rencontre entre le ministre et le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) conduit par son président Messaoud Belambri, afin de dresser un point de situation concernant la disponibilité de certains produits pharmaceutiques notamment l’une des insulines rapides, l’Enoxaparine, et le Paracétamol.
Lors de cette rencontre, le ministre de l‘Industrie pharmaceutique a également annoncé le doublement de la production nationale de Paracétamol, pour répondre à la forte demande nationale, en raison de la pandémie de Covid-19. Concernant l’insuline rapide, Lotfi Benbahmed a rappelé que «toutes les mesures ont été prises pour assurer une disponibilité et un approvisionnement continu à travers la mise sur le marché de 450 000 unités au cours de ce mois de novembre et de 357 000 unité au cours du mois de décembre pour couvrir les besoins du marché national des insulines rapides», souligne le communiqué.
Il est également souligné concernant l’Enoxaparine (générique de Lovenox) qui connaît des tensions avec près de 600 000 boîtes mises sur le marché, le ministre a précisé que «l’essentiel de la production soit plus de 1 million de boîtes ayant été livrés à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui reconstitue ses stocks en prévision de la 4e vague». Toutefois, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a annoncé «un nouveau programme de livraison destiné au marché de ville de 2 234 088 boîtes d’ici le mois décembre». Il a également annoncé que «la capacité de production de l’Algérie pour les Héparines à bas poids moléculaire devrait encore augmenter avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle unité de production en décembre prochain».
Pour rappel, il y a deux jours, le ministère de l’Industrie pharmaceutique avait publié un long communiqué dressant les actions qu’il a menées depuis sa création pour assainir le secteur afin de lever les tensions sur la disponibilité des médicaments et réduire la facture d’importation. Le communiqué avait été publié suite aux déclarations du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, qui avait répondu à la question des tensions qui pèsent sur certains médicaments notamment l’insuline : «Ce n’est pas le ministère de la Santé qui donne les programmes d’importation des médicaments ou qui établit la liste des médicaments essentiels. Ce volet est dévolu à un autre ministère. Le ministère de la Santé est également soumis au risque».
Dans le communiqué du ministère de l’industrie pharmaceutique, tout en rassurant sur la disponibilité de l’insuline, il a également été annoncé une baisse de 20% du prix des insulines à l’importation, ce qui permettrait une économie supplémentaire de 70 millions d’euros en 2022 pour l’Algérie. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique a également souligné une démarche inclusive et consultative avec l’ensemble des partenaires prescripteurs, experts cliniciens, opérateurs, distributeurs pharmaciens, ordres et syndicats ainsi que les associations de patients, à leur demande, au sein de l’Observatoire national de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques pour dégager des solutions idoines et pérennes à même d’assurer une disponibilité continue et garantir ainsi l’accès aux soins aux patients.»
Toutefois, le ministère de l’Industrie pharmaceutique met en exergue la réticence de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) à rejoindre cette plateforme en déclarant que «cette plateforme n’est cependant pas totalement opérationnelle pour les produits hospitaliers, la partie concernée ne s’étant pas encore conformée à l’obligation réglementaire de communiquer ses stocks afin d’anticiper d’éventuelles ruptures de médicaments essentiels, notamment d’oncologie». Il est ainsi affirmé dans le communiqué que «le ministère de l’Industrie pharmaceutique souhaite simplement, en application de la réglementation en vigueur, l’adhésion de toutes les parties à sa plateforme numérique pour anticiper d’éventuelles ruptures et assurer une meilleure disponibilité des médicaments dans les hôpitaux». <