« Dans tout au plus dix jours, nous allons disposer de pas moins de 320 000 boîtes d’hydroxychloroquine. Sachant qu’une boîte permet de prendre en charge un malade, cela nous met à l’aise dans le cas d’une vague de malades. Ce qui j’espère n’arrivera pas. Tout le dispositif mis en place pour aplanir la courbe des cas est opérationnel sur le terrain.» Des propos rassurants émanant du ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, qui se prononçait hier à la Chaîne III de la Radio nationale. A la question de savoir si le programme d’importation de la matière première, entrant dans la composition du médicament, ne risque-t-il pas d’être éventuellement compromis par l’effet de la pression exercée sur les laboratoires internationaux, le ministre a rapporté que l’hypothèse est à exclure « à partir du moment où toutes les commandes passées ont été avalisées par les fournisseurs ». En clair, « les producteurs locaux sont à l’abri d’une rupture des approvisionnements », selon l’invité de la radio, qui a néanmoins signalé : « Nous allons continuer à constituer des stocks du médicament en question qui pourraient nous être utiles dans le cas où la pandémie du Covid-19 venait à se prolonger.» Ajoutant dans ce sens : « L’essentiel pour nous c’est d’être pragmatiques, efficaces et surtout d’être proactifs pour pouvoir prendre en charge nos malades. » Sur la probabilité de remplacer la chloroquine par un autre médicament avalisé par de nombreuses communautés scientifiques, le ministre a révélé : « Nous sommes à l’affût de toutes les expériences ou nouveautés qui pourraient être adoptées. Et si cela se présente nous sommes suffisamment outillés pour pouvoir vite produire le médicament qui aurait reçu l’aval pour le prodiguer aux malades. »
A propos de la rareté des masques et du gel hydroalcoolique, Lotfi Benbahmed affirme que «cela résulte de l’abus de leur utilisation pour ne pas dire du gaspillage caractérisé. Il y a seulement deux semaines nos hôpitaux disposaient de 12 millions de masques qui se sont malheureusement volatilisés. Pis encore, utilisés par des personnes qui n’en ont nullement besoin alors qu’ils sont destinés en priorité au personnel médical qui est sur la ligne de front dans la lutte contre la maladie. » Cela dit, le ministre rassure que l’équilibre entre l’offre et la demande en la matière va vite être rétabli du moment où notre outil de production a doublé sa cadence de confection avec en sus tout un programme d’importation. Et sur ce dernier point, nous recevons par semaines pas moins de 10 millions de masques de tous types ». A propos du gel hydroalcoolique, le responsable se dit convaincu de la disponibilité de ce produit à grande échelle au niveau des officines depuis que le ministère des Finances a levé le système de quota pour les producteurs. «Toutes les unités de production tournent à plein régime pour satisfaire la demande locale. C’était d’ailleurs nécessaire et incontournable à partir du moment où l’alcool est introuvable sur le marché externe tant la demande au niveau mondial a explosé ces derniers mois », a-t-il expliqué. Toujours dans ce même registre, le ministre a tenu à préciser que le gouvernement n’a fixé aucun plafond pour l’acquisition des moyens de protection et du matériel médical pour la lutte contre le coronavirus. Affirmant que «les commandes arrivent au fur et à mesure et que le Président a instruit d’importer tous les besoins nécessaires». Concernant la question du dépistage massif, adopté dans de nombreux pays affectés, le ministre a fait savoir que « nous sommes en contact avancé avec quatre laboratoires pour passer d’importantes commandes de réactifs et de pouvoir en disposer à partir de demain et selon des cadences appréciables. Du coup, le nombre d’opérations de dépistage va se multiplier et passer à un rythme supérieur. »
Le ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique a affirme enfin que toutes les mesures ont été prises pour libérer des lits, des respirateurs et des machines de réanimation, que ce soit dans le secteur public ou privé, pour faire face à une éventuelle situation de crise.