Le poète du patrimoine populaire oranais Mekki Nouna s’est éteint dans la nuit de lundi, à l’âge de 88 ans, suite à une longue maladie, a appris le milieu artistique local. Le défunt, célèbre sur la scène artistique et culturelle d’Oran, fut l’une des figures de proue en poésie du  melhoun et du folklore oranais. Il avait été hospitalisé au CHU d’Oran depuis quelques jours. Le parcours artistique du poète populaire fut très riche et plein de poésies inspirées du patrimoine oranais et sur les personnalités révolutionnaires et historiques de la ville, et le parcours du club MCO   par son attachement à ce club de football. L’artiste a écrit de nombreux poèmes chantés par de célèbres artistes de la musique et la chanson oranaises,  dont  Sabah Saghira, cheikh Benfissa, cheikh Fethi, cheikh Miliani, Mazouzi et surtout Houari Benchenet, avec les titres emblématiques, tels que l’ode à la ville d’Oran, « Arssam Wahran » ou les titres cultes « Rani M’damer » et  « Loukan Nabki ». Mekki Nouna avait aussi fait  des recherches très approfondies en « collectant, recensant et classant des écrits et informations relatifs au ch’ir melhoun »,  à l’instar de  ceux de cheikh Zenagui Bouhafs, Mohamed Belouahrani, Ould Daho et Sanhadji. Selon un témoignage de son vivant à un journal local, il avait affirmé qu’une association danoise, dont des membres se sont rendus à Oran, s’était intéressée aux poètes visionnaires, notamment par l’acquisition des œuvres de Zenagui Bouhafs, auteur d’un ancien poème datant de 1870 intitulé « Cheft M’nam » (j’ai fait un rêve noir) recelant 360 vers. Les Danois avaient offert 5 000 dollars, mais Mekki Nouna avait décliné l’offre et a préféré remettre les résultats de ses recherches au ministère de la Culture. Pour son ultime voyage, la dépouille du poète d’El Bahia a été inhumée, hier après la prière du Dohr, au cimetière d’Aïn El Beïda accompagnée d’une foule nombreuse venue lui rendre un ultime hommage.n