Eddie Van Halen, guitariste et fondateur du groupe de hard rock Van Halen, devenu célèbre dans le monde entier avec son tube «Jump», a fait le grand saut: il est mort mardi à l’âge de 65 ans après «un long combat» contre le cancer, a annoncé son fils Wolf. «Mon père, Edward Lodewijk Van Halen, a perdu son long et difficile combat contre le cancer ce matin», écrit Wolf Van Halen sur Twitter. Figure du hard rock des années 1980, le groupe Van Halen avait été fondé à Pasadena, près de Los Angeles par Eddie et son frère aîné Alex (batterie), avec le chanteur David Lee Roth. Eddie Van Halen est né aux Pays-Bas mais avait grandi à Pasadena. Il était considéré comme un guitariste virtuose et s’était notamment illustré par un solo de guitare mythique sur le «Beat It» de Michael Jackson, en 1983. Le groupe avait peu après connu la gloire grâce à «Jump», hymne hard rock porté par des riffs de synthétiseur qui avaient été composés par Eddie Van Halen mais initialement rejetés par les autres membres du groupe. Le titre avait finalement figuré sur leur album le plus vendu, «1984», et était resté cinq semaines d’affilée en tête du palmarès américain. «Jump» accompagne traditionnellement l’entrée des joueurs de l’équipe de football de Marseille sur leur terrain et l’OM a d’ailleurs rendu hommage au défunt guitariste sur son compte Twitter. Après le départ de David Lee Roth en 1985, Van Halen avait continué à sortir des albums et à se produire avec les chanteurs Sammy Hagar puis Gary Cherone, mais sans jamais retrouver la popularité de la première période. «Il était le meilleur père dont on pouvait rêver. Chaque moment que j’ai partagé avec lui sur scène et en dehors était un cadeau», a ajouté Wolfgang «Wolf» Van Halen, qui avait remplacé le bassiste original du groupe (Michael Anthony) en 2007 lorsque David Lee Roth avait retrouvé Van Halen pour une tournée. En 2012, le groupe avait dû annuler des concerts au Japon en raison de l’opération en urgence d’Eddie Van Halen. Trois ans plus tard, les musiciens de Van Halen avaient repris la route pour une longue tournée aux Etats-Unis et au Canada. Gros fumeur, consommateur de drogue, Eddie Van Halen a longtemps dû se battre contre un cancer des voies digestives. En 2000, les médecins avaient ainsi dû lui retirer une partie de la langue en raison d’une tumeur, qu’il attribuait – sans preuve – à l’utilisation de médiators (onglets destinés à gratter les cordes d’une guitare) en métal. «J’utilisais des médiators en métal, en bronze et en cuivre, que je tenais toujours dans la bouche, à l’endroit exact où j’ai eu le cancer de la langue», affirmait-il en 2015 au magazine spécialisé Billboard. «En plus, je vis quasiment dans un studio d’enregistrement qui est rempli d’énergie électro-magnétique», ajoutait-il, concédant que des décennies de tabagisme n’avaient sans doute pas favorisé sa santé. Il disait avoir bu et fumé depuis l’âge de douze ans mais n’avoir pas pour autant passé sa carrière à faire la fête. «Je ne bois pas pour m’amuser», disait-il. «L’alcool et la cocaïne sont des choses que j’utilise en privé, pour le travail» et la créativité. A force d’excès, il était devenu «alcoolique», ce qui avait précipité son divorce d’avec l’actrice Valerie Bertinelli en 2007, après seize ans de mariage. Il disait être devenu sobre dès l’année suivante. Eddie Van Halen assurait ne pas réellement se souvenir d’avoir composé les morceaux les plus célèbres de son groupe, comme «Eruption» ou «Panama». «Je ne me rappelle pas, ça me vient juste comme ça», expliquait-il. Et le guitariste affirmait à Billboard ne quasiment pas écouter de musique. «C’est une chose étrange, mais j’ai été comme ça toute ma vie. Je ne pourrais pas faire un disque contemporain si je le voulais, parce que je ne sais pas à quoi ressemble de la musique contemporaine», lançait-il.