La célébration de l’Aïd el Adha 2021 a de nouveau été endeuillée par la disparition de plusieurs personnalités de la culture, du sport ou de la politique, en plus de dizaines d’anonymes.

Par Nadir Kadi
Des décès, qui au-delà des chiffres, des graphiques et des statistiques des agences de santé gouvernementales, sont quotidiennement rapportés sur les réseaux sociaux. Ainsi, on apprenait mardi au premier jour de l’Aïd, la disparition de Noureddine Saadi, ancien entraîneur des clubs de football de la JS Kabylie, de l’USM Alger, du Mouloudia ou encore de l’ES Sétif. Noureddine Saadi, l’un des principaux et des plus sollicités entraîneurs de ces dernières décennies, est, en effet, décédé à l’hôpital de Beni Messous après plusieurs jours de lutte contre la Covid-19. L’entraîneur restera dans les mémoires pour sa participation en tant qu’adjoint d’Abdelhamid Kermali à la Coupe d’Afrique des Nations de 1990 ; une édition « historique » pour toute une génération, organisée et remportée par l’Algérie.
Disparus à cause de la Covid, de ses conséquences et ses complications sur un système de santé déjà affaibli, ou même des suites d’une mauvaise prise en charge dans des hôpitaux et centres de soins débordés et « gérés » par des médecins et un personnel en situation de stress. Autre perte, la disparition du comédien et metteur en scène Driss Chekrouni, après 15 jours d’infection à la Covid : « Mon Ami Driss Chekrouni ! Tu nous as toujours montré ta passion pour les coups de théâtre ! Et en ce premier jour de l’Aïd, tu nous as vraiment fait un coup tragique! La fin d’un héros qui a lutté contre le monstre Covid pendant 15 jours ! », a écrit la dramaturge et responsable de l’Office national de la culture et de l’information, Mme Nadjet Taïbouni.
Le comédien et homme de théâtre Driss Chekrouni, formé à l’Institut national des arts dramatiques de Bordj El Kiffan dès les premières années de l’Indépendance, avait rapidement rejoint le TNA, où il a travaillé aux côtés de personnalités à l’image d’Ould Abderrahmane Kaki, M’hamed Benguettaf, Azzeddine Medjoubi ou Mustapha Ayad.
Sa mort, à l’âge de 75 ans, a également été l’occasion de rappeler son action en tant que directeur artistique au TNA durant la décennie 1980 et, plus récemment, son travail de formateur au niveau de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audiovisuel d’Alger (ISMAS) et ses dernières apparitions publiques en tant que membre des jurys des principaux festivals de théâtre.
Liste de victimes directes ou indirectes de la Covid, devenue presque interminable depuis un an et demi, une pandémie qui a coûté la vie à de nombreux médecins, professeurs… a, également, fauché plusieurs personnalités politiques. Cet Aïd 2021 n’a pas fait exception. Ainsi, il en est ainsi de la disparition de l’ancien député et secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Chafaa Bouaïche. Le responsable politique, âgé de 47 ans, et souffrant déjà d’une « maladie chronique » ont fait savoir ses proches, a, en effet, vu son état de santé s’aggraver par une contamination à la Covid-19.
Personnalités, dont la disparition s’ajoute aux près des « quinze morts » quotidiens recensés ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Les responsables politiques tentent, pour rappel, d’endiguer cette nouvelle hausse de contaminations en multipliant les « mesures de protection et de prévention ». Ainsi les habitants de 24 wilayas voient l’instauration d’un « confinement partiel à domicile de 23H au lendemain 04H. Le gouvernement « exhorte » les citoyens et citoyennes à participer massivement aux campagnes de vaccination lancées au niveau de l’ensemble du territoire national. La vaccination est, en effet, présentée comme l’une des principales solutions face à l’épidémie, bien que les informations issues des pays les plus vaccinés montrent une efficacité relative sur la capacité à limiter la transmission du virus. <