Un secteur et deux données contradictoires. C’est le constat établi à la lecture du communiqué du ministère de l’Energie, rendu public mardi passé, suite à la réunion d’évaluation hebdomadaire à laquelle ont pris part les cadres du département. Il y est mentionné que l’arrêt définitif de l’importation du carburant est prévu à parti de la fin du mois d’avril. Ça aurait pu passer inaperçu s’il n’y avait pas eu juste la veille une information contredisant celle donnée par le ministère. C’est d’autant à mettre en avant que le statut de la « source » devrait épargner ce genre de « dysfonctionnement ». Il s’agit donc du groupe Sonatrach, qui dans un communiqué rendu public lundi dernier précisait que l’importation du gasoil avait cessé en mars 2020, et celle des essences cinq mois après, soit en août dernier. Faut-il préciser que le groupe pétrolier a pour tutelle le ministère de l’Energie !
L’un indique que l’importation fait partie du passé, et l’autre précise que c’est toujours en cours, et que l’arrêt ne se fera pas avant la fin des quatre premiers mois de l’année. La sortie du département d’Abdelmadjid Attar peut facilement être assimilée à un recadrage de Sonatrach. Une phrase dans le communiqué du ministère, ponctuant la réunion d’évaluation (présidée par le ministre), semble l’indiquer. Elle concerne l’insistance d’Abdelmadjid Attar sur «l’importance de respecter le calendrier fixé à cet effet».
De là, aller jusqu’à affirmer que cette histoire d’importation démontre l’existence d’un conflit entre le ministre et Toufik Hakkar (PDG de Sonatrach, qui était déjà en poste, 4 mois avant l’arrivée de Attar au gouvernement), ce serait aller vite en besogne. Toutefois, la plus simple des « lectures » va au moins vers un constat, l’urgence pour le département de l’énergie d’accorder ses violons.
Cependant, il ne faut pas omettre l’information en elle-même, celle de l’arrêt de l’importation du carburant. Certes, c’est en relation, surtout en ces temps de vaches maigres, avec la politique de diminution des dépenses de l’État (la facture concernant le carburant, pour 2019 et 2020 avoisine les deux milliards de dollars), mais il n’y a pas uniquement cet aspect. Le citoyen va bientôt constater (à partir de mai prochain !) des changements dans son quotidien. Ce sera au niveau des stations d’essence.