Le dernier rempart du MC Alger et de l’équipe nationale, Faouzi Chaouchi, n’a pas été au bout du match de son club face à la JS Kabylie (défaite 3 buts à 1) puisqu’il a été expulsé juste avant l’heure de jeu (54’). Dans un antre du 1er-Novembre 1954 surchauffé, les nerfs étaient mis à rude épreuve et il y en a qui ont lâché. On pense certainement à un joueur en particulier : Faouzi Chaouchi.

Parti chercher la balle à la place d’un ramasseur, le portier des « Vert et Rouge » à croiser la route d’un « stadier » manifestement pas très courtois. Entre les deux hommes, il y a eu un clash et le keeper du « Doyen » a vu rouge. Depuis le début de la partie, le héros d’Omdurman, qui a gardé les bois des Verts lors des deux dernières sorties du mois de mars face à la Tanzanie (victoire 4 buts à 1) et l’Iran (défaite 2 buts 1) dans l’ordre, a été la cible privilégiée du public. Insulté à longueur du match, Chaouchi a été touché au pied (heureusement) par un gros morceau de pierre. Pour couronner le tout, il a vu un « agent » lui cracher au visage lorsqu’il a été récupéré le cuir derrière sa cage pour faire une remise en jeu.

Indulgence et récidive
Pour le natif de Bordj Menaïel, l’instinct a pris le dessus sur la retenue. D’une part, on comprend l’attitude de Chaouchi l’homme. D’une autre, il y a cette évidence et cette récidive d’un footballeur de 33 ans qui se devait de bien gérer ce genre de situations. L’ancien gardien de la JS Kabylie, justement, n’en est pas à son premier écart de discipline. Il faut rappeler que lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2010, avec la sélection, il avait asséné un coup de tête à l’arbitre Coffi Codjia qui officiait la demi-finale Algérie – Egypte. Ce qui lui a coûté l’expulsion. Aussi, à l’issue de la finale de la Coupe d’Algérie en 2013, perdue face à l’USM Alger, il était parmi ceux qui ont orchestré le boycott de la cérémonie officielle de remise des médailles. Cela lui avait valu une suspension de deux années sur le plan national par la Fédération algérienne de football (FAF). L’ancien Bureau fédéral, à sa tête Mohamed Raouraoua, a fini par décider d’écourter sa peine après 15 mois d’arrêt pour ses « loyaux services rendus à l’EN ». Cette indulgence n’a pas vraiment aidé Chaouchi à devenir meilleur puisque le 27 mai 2016, en clôture du championnat contre l’ES Sétif, il s’en prend à son homologue Belhani l’obligeant à passer sur le billard et se faire opérer du coude. Une agression qui a causé 4 mois d’inactivité au portier sétifien. La FAF décide d’infliger 10 matchs de suspensions au keeper du Doyen.

Incorrigible ? Vraisemblablement !
Loin des terrains, le tempérament n’est pas meilleur. Le 29 mars 2017, le procureur de la République requiert à son encontre un an de prison ferme pour avoir insulté et giflé un policier lors d’une rencontre. Le 11 avril 2017, il écope finalement de six mois de prison avec sursis. Des faits qui remontent au 7 février 2017, en marge du mini-derby entre le MC Alger et le NA Hussein-Dey, les agents de l’ordre procédaient à la fouille de routine des affaires des joueurs à l’entrée du stade.
Une procédure d’usage pour éviter que les footballeurs passent des engins pyrotechniques ou autre objets interdits. C’était un peu trop demander à Chaouchi qui s’en est pris verbalement et physiquement au policier. La scène désolante qu’on a pu regarder à la télévision mardi est juste un remake avec des rôles inversés. Un retour de bâton, ne nous réjouissant guère il faut le préciser, qui montre qu’il y a une justice divine en l’absence de la justice civile. Reste à savoir comment la commission de discipline de la FAF et de la LFP vont réagir à ce nouveau dépassement de celui que le sélectionneur national, Rabah Madjer, considère comme « un des meilleurs gardiens en Afrique ».