Gel du paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales, allocation d’une aide financière destinée aux petits métiers, en attendant l’évaluation des pertes et des manques à gagner par les opérateurs économiques en vue d’une indemnisation, font partie des premières mesures concrètes issues du dernier conseil des ministres, tenu dimanche, pour atténuer l’impact de la covid-19 sur l’économie.

Le conseil a abordé également des questions non moins importantes, liées notamment à l’encadrement juridique des activités du montage automobile et des industries électroniques et de l’électroménager qui, faut-il le rappeler, servaient jusqu’ici de tremplin aux affaires, à l’évasion fiscale, la surfacturation, à la dilapidation de deniers publics et à des fléaux économiques tous aussi visibles, les uns que les autres. Le gouvernement va introduire par décrets les textes régissant les activités de montage et des industries électroniques et de l’électroménager, ainsi que des mesures autorisant l’importation des véhicules et d’autres dispositions liées à l’organisation de l’agriculture et son soutien, en amont, par des universités et des instituts de recherche et, en aval, par des industries de transformation et d’agroalimentaire. Le gouvernement donne l’impression de vouloir agir horizontalement sur l’ensemble des secteurs économiques, dont la perte de croissance et le ralentissement de l’activité sont les principales causes de la hausse de la facture alimentaire. L’idée est donc de remettre les filières au travail et de recréer de l’activité au niveau horizontal. Cependant, le gouvernement semble perdre de vue qu’un regain d’activité au niveau vertical constitue la revendication principale des acteurs économiques, étant donné que le principal obstacle à l’entreprenariat et à l’investissement n’est autre que l’administration. Le blocage et la bureaucratie s’érigent en principaux écueils à la reprise de l’économie ; les opérateurs ne savant plus à quel saint se vouer depuis maintenant plusieurs mois. «Plus personne ne signe un document et plus personne ne prend de décision, par peur ou par habitude», nous confie un opérateur. Certes, les mesures prises lors du dernier Conseil des ministres sont importantes à plus d’un titre, mais il est temps de secouer le cocotier et donner un coup de pied dans la fourmilière de l’administration économique pour rendre ces mesures applicables et opérationnelles. Pour cela, il est temps de rajeunir le personnel encadrant de l’administration économique et faire table rase des modes de son fonctionnement qui sont handicapants, inefficients, voire complètement nuisibles à la croissance et à l’activité économique. On ne peut pas faire des omelettes sans casser d’œufs. Le changement doit être vertical d’abord pour que l’horizontal puisse bénéficier du coup d’accélérateur tant attendu et revendiqué. Des chefs d’entreprises font la queue au quotidien pour faire établir des autorisations de circulation au bénéfice de leurs personnels, d’autres attendent le déblocage des crédits à l’économie au niveau des banques, sans oublier ceux qui peinent à obtenir des échéanciers de paiement au niveau des banques et de l’administration fiscale ainsi que les opérateurs qui peinent à faire aboutir des demandes d’importation du matériel de production. Ce sont en somme les quelques clichés de la vie tumultueuse des chefs d’entreprises, confrontés à une administration des plus bureaucratiques et à des mœurs managériales aussi vieillissantes que préjudiciables. Dans le dernier Conseil des ministres, il y a véritablement du concret quant à la manière par laquelle le gouvernement doit s’attaquer aux préjudices subis par l’économie et les opérateurs ainsi qu’au ralentissement économique généralisé, mais il y a nécessairement ce besoin de faire bouger davantage le mammouth de l’administration économique. C’est là où le défi est titanesque. Le Conseil des ministres vient de baliser la voie quant à l’impératif de redynamiser l’ensemble des secteurs économique pour faire repartir la croissance, il revient maintenant à chacun des ministres concernés de bien huiler son administration pour que les mesures du gouvernement soient concrètement appliquées. <