Profitant de l’absence ou du laxisme des autorités, depuis déjà quelques années, les parkingeurs et les plagistes clandestins sont devenus aujourd’hui la bête noire des citoyens qui par peur de ces jeunes qui font fi de la loi acceptent de se faire racketter dans l’indifférence la plus totale.

Cependant, et après l’agression d’un père de famille, à Oran, pour avoir refusé de payer un parasol à la plage de Bousfer et celui d’un autre jeune homme, à Skikda, tué à coups de couteau devant son fils de six ans pour avoir refusé de payer une place de parking clandestin, la colère des citoyens est montée d’un cran. Ils appellent aujourd’hui les autorités à agir en mettant un terme à ces agissements et au diktat des parkingueurs et plagistes clandestins qui font la loi aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels au boycott et à dénoncer ces voyous ont été lancés. Certains responsables se sont même rendus sur le terrain pour mettre un terme à tout dépassements pouvant nuire à la sécurité et au bien-être des estivants. C’est le cas du wali d’Oran qui a dépêché une commission d’enquête à la plage les Andalouses pour vérifier le prix réel du parking qui avait grimpé à 500 DA. Suite à l’intervention du responsable, le prix a été finalement fixé à 200 DA. Une initiative qui a été largement applaudie par la société civile. Interrogé sur ce phénomène, Hassan Menouar, vice-président de la Fédération algérienne des consommateurs n’a pas hésité à dénoncer le diktat des parkings illicites et les plagistes clandestins qui portent une réelle atteinte aux citoyens.
« C’est un phénomène sur lequel nous avons fermé les yeux depuis déjà des années et, aujourd’hui, nous faisons face à une corporation de délinquants qui ont pris place et occupent l’espace public dans la clandestinité la plus totale. Ces jeunes ont profité de deux éléments. D’abord, de la complicité des services de sécurité qui ont laissé faire pour maintenir la paix sociale, mais aussi la peur du citoyen qui, pour éviter la confortation, préfère débourser la somme exigée pour avoir la paix. Généreux par nature, l’Algérien a su aussi se montrer assez compréhensif vis-à-vis de ces jeunes chômeurs, mais ces derniers n’ont pas eu pitié de lui », a-t-il fait savoir. Tout en regrettant l’absence des autorités et le manque d’initiatives visant à lutter contre ce problème, Hassan Menouar a préconisé la mise en place de brigades spécialisées pour dissuader les délinquants de pratiquer leur racket. « La sécurité nationale dispose d’assez d’éléments pour concrétiser cette idée. Il ne faut pas se contenter de quelques sorties hebdomadaires, mais instaurer un contrôle permanent, car il s’agit de bandes organisées. Ce sont en général des voyous qui habitent aux alentours », a-t-il fait savoir. Dans ce sens, notre interlocuteur a appelé les citoyens à agir et à dénoncer. « L’Algérien ne dispose pas de la culture de la dénonciation. Pour lui, se diriger vers un poste de police est une perte de temps, c’est pour cela qu’il préfère subir et se taire sur ces profiteurs. C’est à nous, en tant qu’association et aux pouvoirs publics de sensibiliser les gens sur la nécessité de dénoncer et savoir dire non », a-t-il déclaré.n