L’amélioration des services bancaires passe particulièrement par les progrès dans la digitalisation des banques. Mais il ne s’agit pas de procéder à cette digitalisation par effet de mode, mais par sa traduction sur le terrain notamment par un e-paiement fiable, plus rapide, et l’introduction et la généralisation d’un mobile paiement efficace. Ce qui contribuera à vaincre les réticences de la clientèle à adopter ces moyens électroniques de paiement.

Par Khaled Remouche
Le ministre des Finances Brahim Djamel Kassali vient d’instruire les responsables des banques publiques à améliorer la qualité de leurs services, en particulier en mettant rapidement à la disposition des clients les cartes de paiement et à accélérer les efforts de digitalisation des banques. Un axe important de la modernisation du secteur bancaire et financier, et dans la mise en oeuvre de la réforme bancaire et financière dont le parachèvement est tant attendu par la communauté d’affaires nationale.
Il a appelé à réduire les délais des crédits, la multiplication des banques digitales, l’ouverture de nouvelles agences, notamment au sud du pays, et à accélérer le processus de modernisation des systèmes de paiement. Cet effort de modernisation et de digitalisation a fait l’objet d’une communication présentée à l’occasion du 60e anniversaire de la Banque d’Algérie par le Secrétaire général du Conseil de la monnaie (CMC) de la Banque centrale, Hanafi Si Fodil. Le responsable du CMC a exposé l’expérience de l’Algérie en matière de développement et de projets de digitalisation dans le secteur bancaire et financier à commencer par ceux de la Banque d’Algérie. Une présentation qui met en relief les progrès réalisés, mais également les projets de digitalisation qui nous renseignent sur les enjeux de cette digitalisation. A noter que sur proposition du GIE, la Banque d’Algérie compte introduire le paiement instantané, c’est-à-dire la possibilité d’effectuer une transaction très rapidement via la carte de paiement. Ce qui selon ce responsable de la Banque permet de vaincre les réticences des prestataires de services ou des commerçants. Il s’agit donc non seulement de mettre rapidement à la disposition des clients les cartes de paiement, mais également de rendre fiable et rapide le système électronique de paiement. Il s’agit également de mettre en place une plateforme électronique qui permettra l’interopérabilité du paiement mobile. Il faut savoir que le mobile paiement est déjà opérationnel en Algérie. La banque Natixis Algérie a créé en son sein une banque complètement digitale au profit de sa clientèle. Elle est considérée comme la première banque digitale en Afrique du Nord-Moyen-Orient. Le client de Natixis Algérie peut à partir de son mobile consulter son compte, effectuer ou recevoir des virements.
D’autres banques digitales seront ouvertes à la faveur de l’adoption de la nouvelle loi monnaie et crédit qui favorise la mise sur le marché de produits innovants qui entrent dans le processus de digitalisation du secteur bancaire et financier. L’instruction du ministre des Finances se résume, outre l’amélioration des services et l’accès aux produits bancaires, à accélérer la mise sur le marché de produits innovants et la mise en place de solutions technologiques inhérentes à cette digitalisation.
Le responsable du CMC a souligné que l’infrastructure et l’environnement sont favorables aujourd’hui à la dissémination de produits innovants et de solutions technologiques qui contribuent à la modernisation du secteur bancaire et financier.
Concernant le e-paiement, en 2022, l’Algérie enregistre 13 millions de cartes de paiement détenus par les Algériens en majorité délivrés par Algérie Poste. Il a ajouté qu’il est recensé 3 300 distributeurs automatiques de billets (DAB), 40 000 TPE déployés par les commerçants et 270 webs marchands à fin septembre 2022. Le degré de pénétration de la téléphonie mobile, 90 % d’Algériens détiennent la 4G, ce qui favorise également la généralisation des produits innovants et des moyens électroniques de paiement.
13 millions cartes de paiement, 3 300 DAB et 40 000 TPE
Ces effort de modernisation du secteur bancaire et financier dans son volet digitalisation ont commencé concernant la Banque, en 2006, par la mise en place de deux systèmes de paiement moderne : le système de paiement pour les gros montants et le système de paiement de masse, le développement de la Satim qui gère les moyens de paiement monétiques, la GIE créée en 2014 qui assure la régulation du système de paiement monétique suivi par l’ouverture de banques en ligne. Ces efforts, en particulier, ont eu pour résultat en décembre 2022 la dématérialisation des reportings financiers et des déclarations comptables devant être transmis périodiquement par les banques commerciales à la Banque d’Algérie. Ces documents étaient auparavant en papier et transmis par coursier. La stratégie de la Banque d’Algérie dans ce processus de digitalisation est prudente, a-t-il souligné. Il en est ainsi de la monnaie virtuelle, le dinar virtuel qui sera lancé par la Banque d’Algérie dans un souci de maîtrise des risques et de protection des futurs détenteurs de cette monnaie. L’objectif est de contrecarrer, selon lui, l’irruption en Algérie de la monnaie virtuelle créée par des acteurs en dehors du secteur bancaire qui ne tiennent pas compte des risques liés à la circulation de cette monnaie virtuelle. Allusion à la crypto-monnaie. <