La mobilisation populaire enregistrée hier à travers le territoire national au 13e vendredi de manifestations pour le changement met davantage en difficulté l’option de l’élection présidentielle du 4 juillet prochain.
Le rendez-vous électoral qui peine à susciter des adhésions parmi la classe politique nonobstant les intentions de candidature signalées au ministère de l’Intérieur vient, en effet, de subir un énième rejet par des pans importants de la société manifestement plus que jamais opposés à la tenue dudit scrutin.
La mobilisation renseigne, sans l’ombre d’un équivoque, sur une détermination une nouvelle fois réaffirmée des Algériens à provoquer le changement souhaité et ce malgré le renforcement des mesures contraignantes contre tout potentiel manifestant.
L’enseignement principal à retenir de cette énième démonstration est que l’essoufflement évoqué par certains endroits n’est pas à l’ordre du jour.
La mobilisation demeure intacte et le
« Hirak » inscrit plus que jamais sa lutte et son engagement dans la durée surmontant visiblement toute sorte de contraintes.
Cela devrait constituer une raison suffisante pour le pouvoir politique de procéder à une révision de son plan de sortie de crise et de se rendre à l’évidence que le pari du 4 juillet est difficile à tenir dans de telles conditions.
D’où la nécessité visiblement, pour les autorités, de songer et de passer à une autre offre politique qui tiendrait véritablement en considération les revendications politiques de nombreux Algériens qui battent le pavé hebdomadairement pour exprimer un désir ardent de changement.
Cette détermination se vérifie par ailleurs dans la manière avec laquelle est accueilli l’emballement judiciaire en cours. Pour l’ensemble des Algériens, cet emballement, s’il génère des satisfactions parmi l’opinion à l’annonce des noms de personnes convoquées au tribunal, civil ou militaire, n’éloigne pas cependant l’ensemble des manifestants de leurs motivations premières.
A l’évidence, les mots d’ordre et autres slogans brandis par les manifestants et décriant l’option de l’élection présidentielle telle que prévue par la Constitution dans son article 102 et encadrée par les institutions en place sonnent comme un rejet catégorique pour cette consultation qui, objectivement, ne peut se tenir dans les circonstances actuelles du pays…