Le congrès de la Fondation du dialogue Sud-Nord Méditerranée se tiendra en 2018 avec comme thématique principale, « la migration ». Dans ce cadre, l’expérience algérienne dans la culture du dialogue a été sollicitée hier par le président de cette fondation à l’occasion de la célébration du 11e anniversaire de ce Dialogue.

«La culture du dialogue est une réussite en Algérie. Nous avons exprimé, ce matin lors de notre rencontre avec le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, notre souhait de nous déléguer un représentant de l’Algérie pour nous faire part de cette culture de dialogue», confie le président de cette fondation, Charles-Ferdinand Nothomb. L’Algérie est officiellement invitée, précise-t-il, à participer à une première rencontre sur cette thématique qui se déboulera au mois d’avril 2017, à Bruxelles, en Belgique.
«Elle est invitée pour faire part de la problématique de la métropole algérienne vis-à-vis de la migration», fait-il savoir. La problématique de la migration, selon la présidente du réseau Algérie de la Fondation du Dialogue Sud-Nord, Yasmine Taya, doit faire l’objet d’une visibilité et d’une lisibilité. «Chercher le fond du problème. Qu’est-ce qui pousse les gens de la région vers la migration ? Au fait, tant que l’Europe encouragera ou bien affichera une totale indifférence envers les conflits dans la région, tant que la pauvreté persiste toujours au Sahel, le flux migratoire ne s’arrêtera pas», estime-t-elle. Dans ce registre, le président de la Fondation assure que la migration ne sera tempérée et réduite que si elle est régie par un cadre organisationnel. Il estime, dans ce sens, que l’Union européenne est appelée à suivre l’exemple du Canada et fixer un nombre annuel des migrants qu’elle voudrait accueillir.
«Il faudra aussi informer les migrants sur les conditions et le coût de la vie qui les attend dans certaines villes européennes», dit-il. Pour revenir à l’Algérie, il a signalé que la Déclaration d’Alger, dans le cadre du Dialogue Sud-Nord, en 2006, a été remarquable et impressionnante pour les Européens. «C’est à l’issue de cette Déclaration que le dialogue, initialement Nord-Sud, est devenu Sud-Nord», évoque-t-il. C’est grâce à la société civile, souligne Mme Taya, que le Dialogue Nord-Sud s’est transformé en un dialogue Sud-Nord. «Le Sud est associé dans ce dialogue. Il s’agit de traverser la Méditerranée pour dialoguer. Le Sud veut s’imposer comme partenaire à part entière vu que le Nord a toujours été un donneur de leçons», signale-t-elle. Elle a précisé, par ailleurs, que le Dialogue Sud-Nord active loin des politiques. Il n’a rien à voir avec le Dialogue 5+5, dit-elle.
Il n’a rien à voir non plus, indique M. Nothomb, avec la politique de voisinage établie par l’UE. «La politique du voisinage est une politique recentrée qui sert les intérêts de l’UE tandis que notre Dialogue a pour but de rapprocher les deux rives, de développer les idées civilisationnelles communes dans le respect des différences», assure-t-il. Notre dialogue, poursuit-il, s’établit sur trois règles, travailler à long terme, éviter les problèmes d’actualité et se concentrer sur les régions stables et proches, tels le Nord de l’Afrique.