Au grand dam des professionnels de la santé et d’une partie de la classe politique qui l’ont critiquée, la loi sur la santé a été adoptée lundi dernier à l’Assemblée, en présence de son principal promoteur, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Mokhtar Hasbellaoui, conscient du malaise que vit son secteur,

en particulier à cause de la mobilisation des médecins résidents pour «leurs causes», le ministre de la Santé n’a pas manqué l’occasion pour les appeler «à reprendre le travail», après leur décision d’interrompre toute activité de soins dans les hôpitaux, leur rappelant que «les portes du dialogue restent ouvertes  à tous les professionnels de la santé» et «en particulier à eux». «Nous n’avons aucun différend avec les médecins résidents ou avec d’autres catégories des professionnels de la santé», dira-t-il. Il a estimé toutefois nécessaire de rappeler qu’il avait rencontré à quatorze reprises les représentants des résidents, alors que ces derniers n’ont cessé de clamer sa présence aux rounds de discussions menés avec la tutelle. Le ministre a rappelé également qu’une commission interministérielle travaille au niveau de son département «à la prise en charge des préoccupations des médecins résidents», regrettant le «boycott», par les médecins résidents, de la dernière réunion qui devait se tenir dimanche soir. Le Camra a réagi à ces déclarations, notamment au sujet de la «rencontre», qu’ils disent «servir une propagande de la part de la tutelle».  Et de dénoncer «cette propagande de la part de plusieurs parties ». Dans un communiqué publié hier, ils qualifient même de «surenchère» le communiqué publié sur le site officiel du ministère de la Santé intitulé «les représentants des résidents déclinent une invitation au dialogue». C’était la rencontre de dimanche ! Le Camra a expliqué que ses représentants ont été contactés par téléphone la veille pour se présenter le lendemain à 15h30 à la réunion. Or, selon le communiqué, le bureau national a privilégié la transparence  en demandant l’ordre du jour et les listes des présents à cette réunion. Il l’avait fait en envoyant un email. «Aucune réponse n’a été apportée à cette requête », explique le Camra qui rappelle, encore une fois, que la décision d’arrêter les gardes « est venue sanctionner des mois de grève, de marches, de dialogue unilatéral et de réunions stériles». Les résidents appellent le ministère «à exposer rapidement un vrai travail de fond afin d’apporter des solutions justes, réalistes et efficaces». En attendant de trouver une issue à la crise, les hôpitaux du pays souffrent de manque d’effectifs suite à la suspension par les médecins résidents du service minimum. Les maîtres-assistants, eux, ont averti qu’ils ne pourront pas assurer le travail de «fourmis» qu’assuraient les résidents. Ils ont demandé au ministre de trouver une solution à ce problème. Il avait engagé une procédure administrative de réquisition contre les résidents, mais ces derniers l’ont rejetée, en expliquant qu’ils sont encore «des étudiants en formation post graduation» et aucune loi n’oblige un étudiant à assurer la garde.