Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a reçu, hier, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, selon un communiqué rendu public par la présidence. C’est la troisième personnalité nationale que le premier magistrat du pays rencontre après celles de Ahmed Benbitour et de Abdelaziz Rahabi.

La rencontre avec l’ancien chef de file des réformateurs « s’inscrit dans le cadre de la poursuite des consultations, lancées par le Président de la République, avec des personnalités nationales, des présidents de parti et des représentants de la société civile sur la situation globale du pays et la révision de la Constitution, dont la mission a été confiée, dans un premier lieu, à un comité d’experts, présidé par le professeur universitaire et membre de la Commission du droit international à l’ONU, Ahmed Laraba », précise le même communiqué.
« L’objectif de ces consultations est l’édification d’une nouvelle République répondant aux aspirations du peuple et de procéder à une réforme globale de l’Etat à même de consacrer la démocratie, dans le cadre d’un Etat de droit préservant les droits et les libertés des citoyens. Un objectif que M. Tebboune s’est engagé à réaliser lors de sa campagne électorale et réaffirmé dans son discours, prononcé à la cérémonie de prestation de serment, en tant que Président de la République », ajoute la présidence.
« M. Hamrouche a présenté au Président de la République sa vision sur les différentes questions posées sur la scène politique et ce, à la lumière de sa longue expérience au service de l’Etat ainsi que son suivi des évènements nationaux en tant qu’acteur politique éminent », conclut la même source.
Cette rencontre confirme manifestement, d’une part, un souci d’ouverture et surtout d’écoute auprès de personnalités, dont le dénominateur commun est d’être, à des degrés divers, dans une posture d’observation critique de la situation du pays depuis des années. S’agissant justement de M. Hamrouche, et au-delà du fait d’avoir été une voix à l’accent très aigu sur la gestion, qui a été opposée au mouvement populaire entre le 22 février 2019 et l’élection présidentielle, se distingue par une radicalité intellectuelle sur le système politique en vigueur et dont a hérité présentement M. Tebboune.
L’on peut rappeler à cet égard ses déclarations publiques sur la crise politique, née de l’irruption du mouvement populaire contre le cinquième mandat du Président déchu. L’on peut également souligner, dans le même registre, la réponse qu’a eue l’ancien chef de gouvernement à ses partisans qui le suppliaient, sans succès, pour qu’il se porte candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre dernier.
C’est que le président de la République a reçu, hier, un homme politique au long cours, qui ne croit pas « aux chimères », comme il avait tenu à le rappeler à ses supporters qui insistaient, au mois d’octobre dernier, de le voir briguer la magistrature même après avoir rendu public un communiqué annonçant qu’il ne pouvait pas être de la partie.
D’un autre côté, en accordant une audience à M. Hamrouche, le Président Tebboune confirme cette démarche qui consiste à consulter des acteurs qui ne sont pas dans l’opposition, mais considérés comme sages, mais qui se double d’une action visant à imprimer sa marque et son style.
Cette démarche, qui prend vraisemblablement forme, notamment autour du projet de révision constitutionnelle, dont un comité d’experts a été installé la semaine dernière, avec pour mission de rédiger une mouture de la loi fondamentale à proposer au chef de l’Etat dans un délai n’excédant pas deux mois. Parallèlement au chantier de la révision constitutionnelle, manifestement prioritaire dans sa feuille de route, le Président Tebboune a instruit, hier, le gouvernement Djerad à l’effet de préparer un projet-loi devant criminaliser toutes les formes de racisme, de régionalisme et de discours de haine dans le pays.