Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), après avoir renoué le dialogue avec le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière à la suite d’un vaste mouvement de protestation, a fait le point sur la situation lors de plusieurs réunions qui se sont déroulées le 23 mai avec l’Intersyndicale de la santé, composée du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) et du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP). Le lendemain, soit le 24 mai, une réunion du bureau national du SNPSP a eu lieu où plusieurs points ont été abordés, notamment l’avancement des dossiers prioritaires, la dénonciation des entraves des libertés syndicales et la violence envers les enseignantes.

Par Sihem Bounabi
A propos des dossiers prioritaires qui devraient être traités dans les prochaines semaines, suite à l’engagement du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid d’organiser, au courant de ce mois, d’autres réunions entre les syndicats de la santé et les cadres du ministère, il s’agit des dossiers qui traînent depuis quelques années, en l’occurrence l’amendement du statut particulier indemnitaire, de la progression de carrière des généralistes et spécialistes, ainsi que la classification du doctorat en médecine dentaire et en pharmacie.
A propos du dossier du statut indemnitaire, Lyes Merabet, président du SNPSP, informe que «l’accord entre le SNPSP et la tutelle est finalisé depuis 2011 et a été remis à la Fonction publique. Il faudrait certes l’enrichir et ajouter quelques aspects, mais l’essentiel est fait». Il ajoute : «Nous voulons revenir rapidement sur une réunion officielle pour mettre à jour ce projet, afin de concrétiser la solution que nous attendons depuis des années pour l’amendement du statut.»
Le président du SNPSP précise que suite à l’audience accordée par le ministre de la Santé, «il y a eu un engagement de se réunir après l’Aïd. Nous attendons jusqu’à présent que le ministère programme cette réunion. Le deuxième dossier prioritaire concerne la progression de carrière». A ce sujet, Lyes Merabet explique : «Nous avons demandé plus d’informations par rapport à la dérogation qui a été acceptée par les services du Premier ministère et qui permettrait que les postes budgétaires soient reconvertis en poste de promotion à défaut d’avoir les ressources financières nécessaires pour assainir toute la situation.» Sur ce point, le SNPSP a demandé une réunion technique afin d’avoir toutes les informations sur le lancement de cette procédure et la liste des corps qui sont concernés ainsi que d’autres détails, à l’instar des critères des personnes éligible à cette promotion. Le troisième dossier et la classification du doctorat en médecine dentaire et le doctorat en pharmacie. C’est un dossier qui traîne depuis 2012, mais un accord a été signé entre le ministère de la Santé et le SNPSP en 2018. Sur ce dossier, Lyes Merabet déclare que «le dossier est en ce moment au niveau de la Fonction publique. Nous avons demandé audience au Premier ministre afin d’intervenir pour trouver une solution, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de réponse». Toutefois, le président du SNPSP confie que pour le moment l’Intersyndicale privilégie le dialogue. «Nous avons valorisé le fait que les plus hautes autorités s’intéressent au secteur et sont convaincues d’aller vers des solutions», a-t-il souligné. Il ajoute que «des instructions du Président de la République ont été données pour relancer le dialogue avec les partenaires sociaux. C’est ce qui a été concrétisé par l’audience programmée avec le ministre de la Santé. A présent, nous attendons que les choses se mettent en place concrètement sur le terrain».

Nouvel appel au ministre pour mettre fin aux entraves syndicales
Toutefois, il y a un point sur lequel le SNPSP demande l’intervention rapide des responsables du ministère de la Santé, celui de mettre fin aux situations d’entraves syndicales. En effet, selon le président du syndicat, «il y a des situations qui ont été réglées et d’autres qui ne le sont toujours pas». Il cite l’exemple des wilayas de Relizane et d’Aïn Defla où la situation n’a pas bougé. «Le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid doit être informé que ces situations d’entraves perdurent. La dernière fois, les responsables des services de santé des wilayas, qui avaient assisté à l’audience, ont assuré au ministre que la situation allait être réglée. Mais on tient à lui faire savoir que pour le moment rien n’a été réglé», a-t-il affirmé. Enchaînant que «c’est une situation qui relève directement du département de la santé et ne nécessite pas d’autres autorités au-dessus du ministère. Et le ministre doit savoir que les différents responsables de son département n’ont rien fait sur le terrain pour régler ces situations».
Par ailleurs, le SNPSP dénonce toutes les formes d’entraves à la liberté syndicale et d’expression et la liberté des Algériens de manifester pacifiquement «il faut privilégier la voie du dialogue et de la concertation. C’est dans ce contexte que nous appelons au calme, à la retenue et à la sagesse».

Dénonciation des violences envers les enseignantes
Suite à la réunion du bureau national, le SNPSP a également pris position pour dénoncer la violence contre les enseignantes. Le président du SNPSP dit à ce sujet : «Nous dénonçons fermement la violence subie par nos sœurs que sont les enseignantes de Bordj Badji-Mokhtar et de Biskra. Ces enseignantes ont subi des atrocités et c’est intolérable. On ne peut pas accepter que la femme soit violentée dans notre société.» Le SNPSP lance à cet effet un appel aux autorités concernées pour «assumer leurs responsabilités en matière de protection des citoyens, des travailleurs et des fonctionnaires. Nous appelons aussi que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur pour sanctionner ce genre de comportement intolérable».
En termes d’action de solidarité, le SNPSP a également tenu à exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien, en rappelant que dans les statuts des syndicats, «nous avons mis en place lors du dernier congrès une commission chargée du dossier de soutien à la cause palestinienne et à toutes les causes justes dans le monde». Lyes Merabet précise à ce sujet que «notre syndicat est dans une démarche humaniste et la prise en charge des besoins de santé pour toutes les populations, quels que soient les origines, la religion et le rang social».
Cette solidarité s’exprime notamment par des aides matérielles en collaboration avec des associations citoyennes. «Avec, bien sûr, l’aide sanitaire et humanitaire pour le peuple palestinien. C’est le minimum à faire par rapport à la cause palestinienne qui est, non seulement une cause juste mais, en tant qu’Algériens on est toujours rattachés à la terre et à la cause palestiniennes» a-t-il affirmé.
Lyes Merabet annonce que la date du 8e congrès national du SNPSP se déroulera du 1er au 3 juillet 2021 et dont les préparatifs sont en bonne voie. <