Abdelhak Saihi mobilise ses différentes directions pour un état des lieux du secteur. Dans le prolongement de la feuille de route qu’il a dévoilée quelques jours après son installation, plaçant la prise en charge optimale des malades au centre des priorités, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, attaque le mal à la racine en donnant des instructions, pour «la mise en place impérative d’équipes d’inspection chargées de s’enquérir de l’état des établissements sanitaires», indique un communiqué du ministère de la Santé.

Par Sihem Bounabi
Ces instructions ont été données, avant-hier, aux différentes directions en tête desquelles l’Inspection générale, lors d’une réunion de coordination avec les cadres du ministère. A cette occasion le ministre de la Santé a insisté sur «l’importance de présenter des rapports périodiques à l’Inspection générale du ministère sur l’état de toutes les structures réparties à travers le territoire national notamment en ce qui concerne «l’hygiène sanitaire, l’accueil et l’orientation, la disponibilité des médicaments et l’entretien périodiques des appareils et équipements».
Il a également appelé les cadres du ministère à œuvrer à «un changement qualitatif et effectif en matière de prestations sanitaires tout en améliorant les conditions de prise en charge des citoyens». Abdelhak Saihi a aussi insisté sur «l’impératif d’appliquer cette instruction qui sera accompagnée du soutien nécessaire aux directeurs des différents établissements sanitaires, en vue de les orienter selon les axes prévus dans la nouvelle feuille de route du secteur de la santé tout en s’engageant à la réalisations des objectifs définis».
Il est à noter que dès sa première sortie médiatique, où il a dévoilé les principaux axes de la feuille de route de son département, Abdelhak Saihi a affirmé que la bonne prise en charge des malades algériens est placé au centre des priorités en plus d’ œuvrer à garantir la disponibilité des médicaments au niveau des centres hospitaliers tout en œuvrant à relancer le dialogue avec les partenaires sociaux. Il avait aussi tenu à rappeler les orientations données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune visant «à prendre en charge les préoccupations du citoyen en matière de santé et à lui assurer une bonne qualité de soins».
Ainsi, avec cette première action de la mise ne place d’inspection périodique pour un suivi régulier de la réalité du terrain, le ministre de la Santé s’attèle à donner les outils nécessaire aux cadres de son département pour qu’ils puissent intervenir rapidement pour corriger les dysfonctionnements et apporter des solutions efficaces à des structures qui sont en souffrance tant au niveau de la gestion, des équipements et de l’accueil des malades.
Le constat accablant de l’état lamentable des infrastructures de santé en Algérie a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Accentué par la crise de la pandémie de la Covid-19, il a mis en lumière la vétusté de la majorité des hôpitaux ainsi que des équipement médicaux obsolètes dont la crise dramatique du manque de disponibilité de l’oxygène médical durant la troisième vague du variant Delta qui dévoilé tout l’étendue du désastre.
Il est judicieux de rappeler également que l’été 2022 a été marqué par de nombreux coups de colère du précédent ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid suite à des visites d’inspections surprises des hôpitaux et infrastructures sanitaire de différentes wilayas où il s’est indigné de l’insalubrité et la vétusté qui régnaient au sein même des blocs opératoires, ainsi que de nombreux dysfonctionnements dans la gestion de la majorité des infrastructures de santé.
Après plusieurs avertissements, Abderrahmane Benbouzid avait procédé au limogeage de nombreux responsables de la santé dont notamment le directeur général du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Rochd d’Annaba, du directeur général du CHU Ibn Badis de Constantine et du directeur général de l’établissement hospitalier de Chelghoum Laïd.
Le constat amer aujourd’hui est que les infrastructures sanitaires souffrent de nombreux maux dont celui de la vétusté, à l’instar du plus grand hôpital de la capitale, l’hôpital Mustapha-Bacha, qui date de 1854, pointé du doigt par l’ancien ministre de la Santé qui avait déclaré que «l’hôpital devrait être démoli et reconstruit à nouveau».
Face à une telle réalité du terrain, les qualités de manager d’Abdelhak Saihi seront d’une utilité cruciale pour réellement faire bouger les lignes et inverser la tendance d’une culture de négligence, de laisser-aller et de mauvaise gestion qui a perduré pendant des années dans la majorité des structures hospitalières en Algérie. n