Hier, lors de la seconde journée du Salon Djazagro, les observateurs se réjouissaient de la forte présence d’entreprises algériennes, et ce, contrairement aux éditions des années précédentes. Ils sont, en effet, 170 exposants algériens à faire partie des 700 participants venus de 34 pays à cette 16e édition d’un événement inscrit en lettres de tradition à l’agenda annuel de ses organisateurs.

Les opérateurs économiques nationaux sont plus nombreux et plus ambitieux, comme l’on a pu le constater hier dans les allées du Palais des expositions de la Safex où le rendez-vous dédié aux filières de l’agroalimentaire battait son plein. Une ambiance de « made in bladi » tel que souhaitée par le ministre de l’Agriculture Abdelkader Bouazghi, lors de son intervention à l’inauguration de Djazagro 2018, lundi dernier.
Parmi les entreprises algériennes présentes, nous avons retenu le Groupe Bali qui active dans cinq secteurs, entre promotion immobilière, hôtellerie, carrières d’agrégat, production avicole et agroalimentaire. Ce dernier secteur est orienté plutôt vers l’agro-industrie, fait remarquer le P-DG du groupe Ali Bali, vissé sur l’un des fauteuils de son stand de couleur noire et au logo de sa future usine de production de sauces industrielles. Le Groupe Bali a entamé son parcours dans l’agroalimentaire par la production d’œufs au niveau de son complexe avicole de Bouira.
« Actuellement, nous produisons 500 000 œufs par jour à Bouira, et nous détenons 12% du marché national», nous fait savoir M. Bali, ajoutant que l’ambition de son groupe est de hisser à 20% « prochainement » cette part. Au passage, notre interlocuteur insiste sur la « qualité premium » des œufs produits par son entreprise et s’attarde sur la qualité de l’alimentation des poules pondeuses (blé, soja, son) mais aussi sur les analyses vétérinaires bimensuelles des œufs ».
En plus de détenir une bonne part du marché local, le Groupe Bali exporte « 120 000 œufs par jour, soit 30% de la production », nous apprend encore son premier responsable. « Nous avons commencé à exporter au Moyen-Orient après avoir participé, il y a un an, au Salon Gulf food à Dubai », raconte le P-DG du groupe, pendant que ses représentants commerciaux accueillent les nombreux curieux ou potentiels clients dont certains dégustent des préparations accompagnées de produits « Bali ». « Nous sommes les seuls à produire des analyses médicales qui prouvent que nos œufs sont exempts d’antibiotiques. Au Qatar, nos œufs sont labellisés ‘œufs fermiers’ », s’enorgueillit-il pour la circonstance. Concernant l’opération d’exportation, M. Bali dira ne pas avoir connu de difficulté majeure, précisant toutefois que ce ne sont pas tous les opérateurs qui sont dans sa situation parce que, explique-t-il, « ils ne sont pas tous à posséder la structuration requise pour gérer les opérations d’exportation ».
Pour exporter, « il faut une maîtrise des procédures à établir avec les banques, avoir la structure logistique pour réaliser le transport dans de bonnes conditions et avec un emballage de qualité », insiste-t-il, ajoutant que le produit « doit surtout obéir aux normes internationales ».

Une usine de mayonnaise en juillet prochain
Pour ce qui de l’activité de transformation, le groupe a entrepris l’an dernier, un projet en rapport avec l’activité avicole, à savoir la production de mayonnaise. « Le projet doit entrer en production fin juillet et devrait nous permettre de produire six tonnes de mayonnaise par heure. Nous pouvons avec cette capacité répondre à la demande nationale et nous ambitionnons d’exporter 30% de notre production », projette Ali Bali, « Nous allons aussi produire du ketchup, de la moutarde et l’ensemble des sauces » ajoute-t-il. Le complexe avicole comprend le processus de casse d’œufs, la séparation du jaune du blanc d’œuf puis la préparation de la mayonnaise.
« Tout se fera au niveau du complexe, ce qui nous permettra d’obtenir un produit frais. Nous n’avons pas besoin d’adjuvants ou de conservateurs », assure M. Bali qui dit se réjouir de la restriction à l’importation de la mayonnaise depuis le début de l’année. Cette restriction donne l’opportunité à des opérateurs locaux de développer ce type de produits, rappelle-t-il. Cela permettra aussi au consommateur algérien de faire le comparatif et de voir que le produit local « est de très bonne qualité » affirme M. Bali, avant de faire savoir que la mayonnaise qu’il compte produire dès l’été prochain a été testée dans des laboratoires en Allemagne et en France. « Notre produit est aux normes européennes et est supérieur à beaucoup de produits importés auparavant », affirme M. Bali.