La nouvelle équipe dirigeante de l’Entreprise publique économique (EPE) Tonic Industrie, installée en juillet dernier, compte reconfigurer le travail posté de l’ensemble du personnel de ses 11 unités à compter du second trimestre 2020, a indiqué à Reporters le président du conseil d’administration Idriss Yalaoui, contacté par nos soins hier.

Idriss Yalaoui nous a précisé que « la première mesure, car nous estimons qu’elle est urgente à prendre, va consister à dispatcher 70% du personnel administratif sur les 600 en poste actuellement ». Arguant dans ce sens : « Il devenait aberrant de fonctionner avec 2 300 personnes dont 600 relèvent de l’administration.» Toujours au registre des aberrations, notre locuteur s’est dit étonné que « des travailleurs perçoivent des primes de rendement, alors que leurs unités accusent année après année des bilans financiers négatifs ». Autre mesure prise par le conseil d’administration, d’après notre locuteur, « la mise au chômage technique des unités de production les plus affectées sur le plan financier. Une décision prise après consentement des sections syndicales des unités concernées ». Notons au passage que l’annonce en janvier 2019 de la décentralisation des unités de production a provoqué un mouvement de grève de 40 jours.
Le président du conseil d’administration nous a en outre fait observer que la masse salariale de l’EPE est actuellement de 14 milliards de centimes par mois alors que le chiffre d’affaires réalisé est très en deçà. « Nous comptons, à travers la reconfiguration des postes de travail et les départs à la retraite, diminuer sensiblement la masse salariale. C’est d’autant plus impératif du fait que la plupart des unités de production sont en très mauvaise posture financière. L’EPE a, en effet, enregistré des pertes financières considérables en 2018 s’élevant à
2 milliards de dinars. Et du coup, le maintien des unités de production en activité est devenu un véritable casse-tête. Ce n’est que grâce au soutien financier des rares unités, qui arrivent à assurer leur équilibre financier, que les salariés perçoivent leurs salaires, mais avec des retards considérables de l’ordre de trois et parfois même quatre mois. C’est pour dire qu’un plan de redressement s’imposait à Tonic Industrie », a jugé notre vis-à-vis. Ce dernier nous dira en outre, à propos du plan de redressement approuvé par le gouvernement et mis à exécution depuis l’installation du nouveau conseil d’administration, « un des buts assignés, c’est d’arriver d’ici la fin de l’année à récupérer tous les clients que Tonic Industrie a perdus jusqu’ici ». Ajoutant dans ce sens, « c’est à notre portée dans la mesure où la banque publique BADR nous a accordé des lignes de crédit ». Le président du conseil d’administration nous révélera également, toujours dans le cadre du plan de redressement : « Nous avons donné la priorité aux unités de production, dont le chiffre d’affaires peut augmenter à court terme. C’est-à-dire celles qui produisent du carton d’emballage et de la ouate (papier hygiénique), ainsi que l’unité qui s’occupe de la collecte de cartons usagés avec pour objectif visé d’atteindre le million de tonnes contre 100 000 tonnes actuellement. Cette augmentation des volumes récoltés est des plus indiquées quand on sait que le pays importe pour l’équivalent de 290 000 tonnes par an de matière première pour la production de carton d’emballage », nous a-t-il précisé. Idriss Yalaoui nous a aussi signalé que Tonic Industrie va se redéployer sur le volet exportation « d’autant que nos produits (gobelets et papier hygiénique) sont très prisés en Turquie et en France ». Toujours au registre des perspectives de relance de cette EPE, notre locuteur nous a informés de la prochaine signature de deux contrats de partenariat. « L’un avec une entreprise française pour nous accompagner dans l’expertise financière de nos unités de production, et l’autre, pour permettre une mise à niveau des équipements », nous a-t-il enfin expliqué.