Les pharmaciens d’officine ne savent plus quoi répondre à leurs clients sur le manque du vaccin antigrippal. Ces professionnels sont dans l’attente d’éventuels arrivages promis par l’Institut Pasteur d’Algérie, organisme chargé de la distribution dudit vaccin dont la demande s’est fortement élevée ces derniers jours.

Il faut dire que le stock disponible a vite fait de s’épuiser à la vitesse grand V dès la première semaine du lancement de la campagne de vaccination, le 3 novembre dernier. Pour l’heure l’Institut Pasteur rassure qu’il va recevoir un nouveau stock qui sera distribué équitablement au fur et à mesure de sa réception. Mais toujours est-il que les pharmaciens redoutent que le lot qu’ils vont réceptionner sera très en deçà de leurs besoins réels. Sur ce point, du côté de l’IPA, on ne cache pas que l’offre internationale en vaccin antigrippal n’est pas suffisante par rapport à la demande mondiale qui a explosé depuis qu’il est recommandé aux personnes atteintes de maladies chroniques de se faire vacciner.
De ce fait, l’approvisionnement en vaccin antigrippal reste restreint. Autrement dit, le pays acquiert des quantités qui ne correspondent pas à ses besoins réels, du moins à la demande en urgence. Soulignons à titre indicatif que pour cette saison, le ministère de la Santé a programmé de disposer 1 800 000 doses de vaccin antigrippal. Devant cette donne, le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) Messaoud Belamri, contacté par nos soins hier, reste pessimiste quant au nombre de vaccins que vont recevoir les pharmacies. «Je m’attends à recevoir une faible quantité du moment où du côté de l’IPA on soutient que la distribution sera équitable, c’est-à-dire qu’un maximum de pharmacies seront servies rendant ainsi la quote-part très minime. Cela va de soi». Ce dernier ne s’est pas empêché par ailleurs de dire : «Pour peu que les dérives dans la distribution des vaccins antigrippal, telles que observées à la veille du lancement de la campagne de vaccination, ne se renouvellent pas pénalisant les personnes dans le besoin de se faire vacciner compte tenu de leur vulnérabilité face à la Covid-19.»
Abondant dans ce sens, «plus souvent certaines personnes en quête d’un vaccin dont nous ne disposons pas nous accusent de faire dans le clientélisme. Une réflexion certes choquante mais à laquelle nous ne ripostons pas sachant pertinemment que très souvent venant de gens dans le besoin pressant de se faire vacciner.» Comme le président de la Snapo a admis que «la campagne de cette année sera difficile à gérer». Et d’expliquer au passage qu’«après la décision de rendre le vaccin non remboursable, qui n’a pas été du goût de nombreuses personnes, et que nous avons tenté tant bien que mal de persuader que nous n’y sommes pour rien, c’est au tour ces derniers jours de faire face à la colère des personnes auxquelles on demande de patienter pour se faire vacciner. Ainsi est notre quotidien». n