Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a reçu, hier à Alger, le vice-président exécutif, chargé des affaires internationales de la Chambre de commerce des Etats-Unis, M. Myron Brilliant, avec lequel il a abordé les opportunités d’affaires entre les deux pays et les axes de coopération possible

, notamment dans le secteur industriel et minier. Lors de cette entrevue, Yousfi a expliqué à son interlocuteur que l’Algérie dispose de tous les atouts pouvant lui permettre de réussir son décollage économique, notamment à travers le secteur de l’industrie et des mines. Il a également souligné le dynamisme que connaissent plusieurs secteurs industriels en Algérie, à l’instar de la sidérurgie, la filière textile, l’agroalimentaire, l’électronique et l’automobile, mettant en exergue les potentielles opportunités de partenariat bilatéral. Dans ce sens, Yousfi a exposé à son hôte américain les avantages offerts par l’Algérie afin d’encourager l’investissement dans divers secteurs d’activités, précisant que l’Algérie pouvait être « une excellente plateforme d’exportation »  vers d’autres pays. Pour sa part, le vice-président de la Chambre de commerce des Etats-Unis a tenu à saluer « les efforts consentis par l’Algérie »  en vue de diversifier son économie, notant que les investisseurs américains comptent bien tirer profit des avantages et facilitations qu’offre le marché algérien dans le but d’engager des investissements fructueux. Les deux parties ont convenu de multiplier les efforts communs pour mieux apprécier les opportunités d’investissements et le climat des affaires. Même si rien n’a filtré sur les projets conjoints pouvant susciter l’intérêt des Etats-Unis, il est fort probable que ceux-ci ont formulé des propositions relatives à l’investissement dans les mines.  Les Américains  ont eu l’occasion d’appliquer leur savoir extrêmement pointu dans les mines chez eux et en dehors de leurs frontières. Le secteur des mines est sous-exploité en Algérie. Mais le pays est en train de revoir sa politique dans ce domaine. Le phosphate, dont les gisements sont d’une très grande importance, occupe une place de choix dans la démarche du gouvernement actuel. Une brèche s’ouvre ainsi.  Et les opérateurs américains y verraient  une opportunité de développement ambitieux. Le pays s’attelle sur le court terme à la réalisation de projet d’exploitation et de transformation du phosphate en engrais dans la région de Tébessa. Les études sont bien avancées et le gouvernement semble avoir une idée bien établie sur les partenaires, ce qui devrait lui permettre d’aller vite dans cet objectif. Les entreprises américaines veulent aujourd’hui diversifier leur partenariat en Algérie, s’intéressant à des branches hors hydrocarbures. Certaines d’entre elles  se sont déjà  lancées dans le business de l’agroalimentaire, créant de grandes fermes d’élevage et de production agricole, à El Bayadh et rar.
Plus de 120 sociétés américaines en Algérie
Ces projets avancent bien,  même si des doutes subsistent quant aux pesticides et aux semences qui y sont utilisés. Intervenant lundi dernier sur les ondes de la Radio nationale, Smaïn Chikhoun, président du conseil d’affaires algéro-americain, a affirmé qu’il n’est pas question d’OGM dans les produits cultivés à la ferme d’El Bayadh, une exploitation agricole de 25 000 hectares, développée en partenariat entre le groupe privé Lachehab et un consortium d’entreprises américaines, pour un investissement de départ de 300 millions de dollars. De même, il a souligné que les pesticides utilisés  ne représentent pas de risque.
Ajoutant qu’« un cadre a été élaboré, il n’y a pas de doute là-dessus. Du reste, je remercie le partenaire algérien d’avoir discuté avec les Américains et négocié dans le détail, y compris la question des pesticides qui seront fabriqués localement ». Smaïl Chikhoun a avancé une série de chiffres sur le volume de production prévisionnelle de la ferme. 72 000 tonnes par an de blé dur, 76 000 tonnes par an de fourrage, 77 000 tonnes par an d’orge, 35 000 tonnes par an d’ensilage de maïs et un rendement moyen de 60 tonnes à l’hectare  de pomme de terre. Au sujet des  échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Algérie, qui sont passés de 18 milliards de dollars à 3 milliards de dollars, l’invité de la radio  avait expliqué que les deux pays s’inscrivent, aujourd’hui, dans une nouvelle dynamique dont l’objectif est de donner plus de consistance aux échanges et au partenariat en dehors des hydrocarbures. En 2006, par exemple,  les Etats-Unis se classaient au premier  rang dans la liste  des clients de l’Algérie avec une valeur de 14,04 milliards de dollars, et à la 5e place parmi ses fournisseurs  pour 1,41 milliard  de dollars. Les Américains importent d’Algérie surtout du gaz et du pétrole. Ils projettent d’en importer davantage dans les années à venir. Des Etats-Unis, l’Algérie importe des produits agricoles, des équipements médicaux. Actuellement, plus de 120 compagnies américaines exercent en Algérie dans divers secteurs économiques. Anadarko et General Electric font partie des compagnies énergétiques américaines très connues en Algérie. Les entreprises américaines sont fortement présentes dans le secteur pétrolier. Mais pas assez en dehors des hydrocarbures ! Cela va changer, parce que les hommes d’affaires américains sont animés de volonté de diversifier leurs activités génératrices de valeurs ajoutées en Algérie, ainsi que le note le président du conseil d’affaires algéro-américain. Et de poursuivre : « Nous avons déjà commencé à voir les premiers signes de cette évolution, puisque des chefs d’entreprises américaines ont pris pied dans des  domaines aussi importants que l’agriculture et le médicament. »