Le président français, Emmanuel Macron, arrivera aujourd’hui en Algérie avec, comme objectif, permettre à son pays de reconquérir la place de premier partenaire de l’Algérie. C’est le défi premier de la France sous Emmanuel Macron, apprend-on dans les milieux d’affaires français.

Jusqu’ici, le précédent gouvernement de François Hollande était peu investi dans cette mission, se contentant de tenter des ajustements sur la balance des paiements reliant les deux pays ainsi que sur le terrain de l’investissement et du lobbying économique. Il était également resté évasif sur le cas chinois qui grignote d’importantes parts de marché en Algérie, tant au plan des échanges commerciaux qu’au niveau des marchés d’équipements et de la commande publique. La Chine occupe la position de premier fournisseur de l’Algérie depuis plusieurs années et accapare également une bonne partie des projets d’équipement. Bien que la France redouble d’efforts pour inverser la tendance, la Chine continue à s’imposer sur le haut de la pyramide commerciale et à rafler les marchés des travaux publics, des hydrocarbures et bien d’autres secteurs. Combler ce retard fait partie désormais des priorités du gouvernement Macron. Selon de récents chiffres de l’administration douanière, les grandes tendances du commerce extérieur de l’Algérie durant les dix premiers mois de l’année 2017 ont été marquées par une nouvelle hausse des échanges commerciaux avec la Chine (+4,9%) et une nouvelle régression des échanges avec la France (-14,1%). Mais derrière ces chiffres récents se cache une tendance structurelle qui date de plusieurs années et qui fait la part belle aux Chinois au détriment de la France qui a perdu son statut de premier fournisseur de l’Algérie. Durant l’année 2016, les échanges entre l’Algérie et la Chine se sont chiffrés à près de 8,4 milliards de dollars, en hausse de 1,87% par rapport à 2015. Avec la France, les échanges commerciaux étaient d’une valeur de 4,7 milliards de dollars, en baisse de 12,59% par rapport à 2015. Ce sont ces statistiques là qui gênent les Français au plus haut niveau, selon des indiscrétions, surtout que la France se considère comme étant le premier investisseur hors hydrocarbures en Algérie, contribuant « activement » au défi de diversification de l’économie algérienne. La part de la Chine dans les échanges globaux de l’Algérie a grimpé à près de 18% en 2016, tandis que la part qui revient à la France a régressé à 10,15% à la fin de la même année. Mais c’est une tendance lourde qui perdure depuis au moins 2012. Dans la nouvelle stratégie de l’actuel gouvernement français, il y a une claire volonté d’inverser la tendance et de reconquérir le statut de premier partenaire commercial, tout en s’investissant davantage dans l’industrie, les hydrocarbures et les secteurs à haute valeur ajoutée.
L’actuel gouvernement français privilégie plutôt la diplomatie économique, l’échange direct entre entreprises et gouvernements, loin des tensions qu’ont connu les deux pays durant les deux précédents quinquennats. La preuve, des projets d’investissement français en Algérie qui étaient en souffrance durant plusieurs années ont été débloqués ces derniers mois.