PAR NAZIM B.
La campagne électorale des législatives du 12 juin prochain aborde sa deuxième semaine dans ce qui s’apparente à une étape importante pour les prétendants qui ne semblent pas avoir convaincu durant la première semaine qui les a vus, globalement, défendre leur choix de participation sans avoir fait étalage de vrais programmes politiques à quelques exceptions près.
La démarche privilégiée par les participants, du moins pour le moment, est celle de la proximité pour pallier vraisemblablement la difficulté de mobiliser les populations. Mais plus que le format du contact avec les citoyens désabusés et en rupture avec toutes les représentations, c’est le discours des prétendants qui suscite la curiosité. Dans ce registre, les questions semblent se diversifier davantage dans le discours des participants et le volet socio-économique a eu une place de choix dans les interventions des chefs de parti et autres candidats, qui ont abordé les thèmes de l’emploi notamment chez la classe juvénile et formée, le pouvoir d’achat des ménages ainsi que la préservation des entreprises en difficulté.
Abordant la question relative au développement du pays, le chef du MSP, Abderrazak Makri, a soutenu, à Oum
El Bouaghi, que « la relance des projets de développement et la création d’entreprises économiques demeurent tributaires de l’amélioration du climat des affaires ». Pour sa part, le secrétaire général du FLN, Abou
El-Fadl Baâdji, a appelé hier, depuis Tamanrasset, à élaborer un « nouveau projet sociétal pour faire face aux futurs défis ». Le responsable du FLN, qui semble en situation inconfortable organiquement, n’a esquissé cependant ni les contours de son projet sociétal ni les futurs défis à relever.
Le RND s’est distingué, quant à lui, en plaidant pour « la révision des salaires des députés et des privilèges octroyés aux cadres de la nation afin que la candidature pour un siège à l’APN ne soit pas pour bénéficier d’un salaire mensuel plus qu’important mais pour l’édification d’une institution parlementaire forte ». Les futurs députés du RND mettront-ils à exécution le « vœu » exprimé hier par le secrétaire général dans la capitale de l’Ouest ? Attendons de voir.
Pour sa part, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a indiqué que la première semaine de la campagne s’est déroulée dans des conditions normales et aucun dépassement n’a été enregistré. En ce qui concerne l’application du protocole sanitaire de lutte contre la pandémie (Covid-19) la première semaine de la campagne, M. Charfi a affirmé que l’Autorité « n’a enregistré aucun dépassement, sinon quelques avertissements verbaux adressés à certains animateurs de la campagne liés essentiellement à la non-application du principe de distanciation physique ».
M. Charfi a fait état du tirage de 1,2 milliard de bulletins précisant que l’impression de « cette grande quantité » de bulletins a nécessité la mobilisation de compétences humaines 24H/24 et de moyens matériels « considérables », notamment le papier d’impression. S’agissant des aides financières aux prétendants, question fortement commentée sur les réseaux sociaux, le président de l’ANIE a indiqué que l’Autorité a reçu, à ce jour, 512 dossiers en vue de bénéficier de l’aide financière pour le financement de la campagne électorale, soulignant que ces montants ne seront pas versés en nature aux listes bénéficiaires mais à travers le remboursement de leurs factures.
Pour ce qui est du passage des candidats dans les supports médias, il a souligné que « les établissements publics de la Radio et de la Télévision enregistrent en permanence les interventions des candidats avec une moyenne de 50 enregistrements par jour », mettant en exergue « le rôle des médias nationaux qui ont accompagné le déroulement de la campagne en toute objectivité et professionnalisme ».