L’arrêt de la production à El Merk constitue bon gré, mal gré une mauvaise nouvelle pour le groupe Sonatrach, pris en tenaille entre une production en baisse sous le double effet des accords de l’Opep+ et de l’état de désinvestissement qui caractérise l’amont pétrolier et gazier et une consommation interne de produits pétroliers en nette hausse.

El Merk, le deuxième plus grand gisement d’hydrocarbures après Hassi Messaoud, a été mis à l’arrêt après un incendie qui s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi, peu après 20H. Aussitôt, le groupe Sonatrach avait indiqué dans un communiqué qu’un «incendie s’est déclenché le 21 octobre 2020 aux environs de 20H20 au niveau du four du 2e train du centre de traitement du champs El Merk, géré par le Groupement Berkine». Cet incendie, précise la même source, avait été pris en charge «rapidement» par les équipes d’intervention du site qui ont sécurisé la zone indiquée, avant de procéder à l’extinction de l’incendie du four avec les moyens d’intervention du site. «Dans le cadre du protocole d’assistance mutuelle, des équipes d’intervention conjointes de HBNS et d’Ourhoud ont été dépêchées pour renforcer celles d’El Merk, ce qui a permis de maîtriser la situation et d’éteindre le feu tout en procédant au refroidissement du four et des installations adjacentes afin d’éviter tout risque de reprise du feu», a précisé le Groupe Sonatrach. Au lendemain de l’incendie, le PDG de Sonatrach s’est déplacé sur les lieux, suivi, vendredi, par le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar qui, s’était montré plutôt rassurant quant à l’incident qui serait sans impact sur la production globale d’hydrocarbures. Selon l’exposé présenté au ministre de l’Energie, une fumée sortant du four du train 2 suivi de jet de flammes ont été observés vers 20H17 dans la soirée de mercredi à jeudi. Une alerte a été aussitôt donnée pour actionner l’arrêt d’urgence du champ. Après l’intervention des unités des pompiers et de sécurité du site ainsi que des renforts dépêchés dans le cadre de protocole d’assistance mutuelle de HBNS et d’Ourhoud, l’incendie a été maîtrisé, le feu étant éteint à 04H du matin. Le gisement a été ainsi mis à l’arrêt, le temps que les dommages provoqués par les flammes soient réparés. La production du gisement est totalement à l’arrêt, jusqu’à la réparation du four endommagé. Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a souligné dans son intervention, à l’issue de l’exposé qui lui a été présenté, qu’il était important de prendre le temps nécessaire pour la réparation du four avant sa remise en marche. «J’attache une grande importance à la question de la sécurité des installations. Il ne faut pas non plus se précipiter pour sa reprise en vue de reprendre la production», a ordonné Abdelmadjid Attar. Le ministre a tenté à la même occasion de rassurer quant à la faible conséquence de cet incendie sur la production globale des hydrocarbures. Deuxième plus grand gisement après Hassi Messaoud, l’arrêt de la production à El Merk constitue bon gré, mal gré une très mauvaise nouvelle pour le groupe Sonatrach, pris en tenaille entre une production en baisse sous le double effet des accords de l’Opep+ et de l’état de désinvestissement qui caractérise l’amont pétrolier et gazier et une consommation interne de produits pétroliers en nette hausse. L’incident s’est déclaré également dans un contexte où le pays est en besoin pressant en devises, confronté plus que jamais à une baisse drastique des recettes et des disponibilités financières en dinar. L’activité du secteur des hydrocarbures avait nettement chuté ces dernières années ; une tendance à la baisse à caractère chronique qui perdure depuis maintenant plus d’une dizaine d’années. Preuve en est qu’au premier trimestre 2020, la valeur ajoutée des hydrocarbures a connu de nouveau une baisse importante de 13,4% contre une baisse de 7,1% durant le même trimestre de l’année précédente. Le champ d’El Merk du groupement Berkine est composé, faut-il le rappeler, de deux trains de traitement de brut et condensat d’une capacité de 63 500 barils par jour, d’un train de traitement de GPL de 30 000 bl/j. La capacité totale de stockage de brut est de 320 000 barils (50 000m3), alors que celle de stockage de condensat est de 24 000 m3. Le site est exploité par Sonatrach en partenariat avec les compagnies étrangères Anadarko, Total et Eni et ce, depuis 2013. <