Connue pour être la bête noire des élèves, l’épreuve de mathématiques constitue chaque année une source de difficultés et de stress pour les candidats au baccalauréat.
Et c’est ce qui s’est produit une nouvelle fois au deuxième jour du Bac 2021.

Par Milina Kouaci
Au sortir de l’épreuve de maths, passée durant la matinée, les candidats de la filière scientifique n’arrivaient pas à cacher leur surprise face aux choix des sujets proposés pour cette matière dont le coefficient 5 pèse beaucoup dans la moyenne générale et, partant, s’avère décisif pour accéder à l’université.
Ils étaient, en effet, nombreux les candidats à qualifier de «compliqués» les sujets qui leur ont été proposés, notamment le premier. Les avis et appréciations diffèrent d’une filière à l’autre, mais aussi en fonction de la préparation à laquelle ont eu droit les candidats à cet examen de fin de cycle secondaire. Si parmi ces derniers, il y a ceux qui se sont réjouis du caractère «abordable» de l’épreuve de mathématiques, qui les a confrontés à des exercices qu’ils ont eus la chance de traiter lors des séances de révision collective, d’autres n’ont pas caché leur déception face à des sujets «très difficiles» et comptant des «pièges». Ce qui les a «complètement déstabilisés», se sont-ils alarmés.
Un exemple des divergences des points de vue sur les épreuves des mathématiques nous vient de Khenchela. Dans cette wilaya de l’Est du pays, certains élèves de terminale issus de filières littéraires ont considéré que le sujet de mathématiques était facile et les questions étaient conformes au programme des cours de l’année 2020/21. De quoi s’attendre à passer avec enthousiasme les autres épreuves, disent-ils, citant l’anglais hier après-midi et philosophie aujourd’hui.
D’autres candidats ont émis des avis contraires, soulignant qu’ils ont opté pour le second sujet de mathématiques, considéré comme relativement moins difficile que le premier, jugé compliqué avec ses exercices sur les suites numériques et les fonctions polynômes.
Pour rappel, en avril dernier, le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, avait fait état du faible niveau des élèves en maths et de la faible orientation des élèves vers les mathématiques en tant que spécialité. Le ministre a déploré le «désintérêt» des élèves pour cette matière scientifique, qualifiant d’«insatisfaisantes» les notes obtenues par les élèves. Une situation qui impose la mise en place d’une stratégie, en vue de promouvoir l’enseignement des mathématiques dans les trois cycles et de les rendre plus attrayantes pour les élèves. La tutelle a ainsi décidé de l’installation d’un Comité national de l’olympiade dans toutes les matières qui sera placé au niveau de l’Institut national de recherche en éducation (INRE).
Pour sa part, le président de la Société mathématique d’Algérie, Rachid Bebbouchi, a affirmé que «l’enseignement des mathématiques en Algérie s’effectue encore de manière ancienne en se contentant de l’application des théories», ajoutant que «l’évaluation par compétences adoptée comme méthode d’enseignement n’a pas donné de résultats, car les enseignants n’étaient pas prêts». Le spécialiste en la matière regrette que la «recherche n’a jamais constitué vraiment une priorité pour tous les gouvernements algériens depuis l’Indépendance». Il s’est alors interrogé sur le sort du projet de création d’un Centre des mathématiques qui n’a pas vu le jour jusqu’à présent.