Au deuxième jour du mouvement de grève et de boycott des audiences, annoncé dès vendredi dernier par l’Ordre des avocats d’Alger, l’activité des tribunaux de la capitale était hier très limitée. Les seules «affaires» traitées par les Juges étant celles des prévenus faisant le choix de ne pas être représentés ou défendus par leur avocat. Les autres dossiers – les plus nombreux – étaient pour leur part systématiquement renvoyés à «plus tard», vers la mi-octobre. Une situation qui pourrait néanmoins se prolonger davantage selon certains avocats qui n’écartent pas que ce «mouvement de grève» décidé pour «une semaine» soit reconduit le 4 octobre prochain.
En ce sens, et bien que les «robes noires» étaient hier presque invisibles à la Cour d’Alger (Ruisseau), ainsi qu’au Tribunal de Sidi M’Hamed, deux avocats, présents en tenue civile pour conseiller leurs clients, nous ont ainsi expliqué, hier matin, qu’ils étaient «totalement» solidaires de ce mouvement de «boycott» qui allait dans la journée s’étendre à d’autres régions du pays : «Nous sommes entièrement solidaires, cela concerne toute la profession, tous les avocats, tous les tribunaux d’Alger (…) Et ce matin, nous avons su que les avocats des autres régions allaient nous suivre.»
Grève lancée, pour rappel, en forme de «protestation» et de solidarité suite à l’incident survenu jeudi dernier au procès de «l’affaire Sovac» qui a entraîné le malaise de l’un des symboles et doyens de la profession, le bâtonnier Abdelmadjid Sellini. Immédiatement conduit à l’hôpital. A ce titre, l’un des avocats de la défense dans une autre «affaire», celle de l’ex-président du FCE Ali Haddad, nous avait en substance expliqué que «l’incident» était pour lui une sorte de déclencheur. «Il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé avec Maître Abdelmadjid Sellini, ce sont des situations que nous avons tous rencontrées». Notre interlocuteur ajoutera qu’il s’agit de «défendre les droits de la défense. Nous suivrons toutes les procédures légales pour cela, nous ne fermerons plus les yeux.» Quant aux déroulements des audiences auxquelles nous avons pu assister hier, les juges demandaient systématiquement aux prévenus qui comparaissaient libres ou qui étaient au contraire en détention provisoire, s’ils étaient représentés par un avocat. Une majorité des prévenus ont en ce sens demandé le report de leur «affaire». Par ailleurs, il est également à préciser que l’activité était hier «habituelle» au niveau des autres services des tribunaux. Notamment les bureaux d’enregistrement des demandes ou de retraits des documents tels que les extraits de casier judiciaire. Des agents ont précisé que l’ensemble du personnel des tribunaux était présent et travaillait «normalement». n