Des syndicats de l’Education nationale de diverses catégories professionnelles rappellent au ministre ses engagements.

En effet, l’offre de dialogue du ministre de l’Education nationale, annoncée le 7 décembre, à l’adresse des directeurs des établissements du cycle primaire, qui observaient une action de protestation articulée autour «des anomalies et manques enregistrés en matière de moyens de prévention contre la pandémie au niveau des écoles», n’est pas tombée dans l’oreille de sourds.
Cinq syndicats de l’Education ont demandé audience au ministre du secteur, Mohamed Ouadjaout, pour marquer l’entame d’un processus de dialogue pour débattre des problèmes que vit le secteur.
Il s’agit des Syndicats des directeurs du cycle primaire, des proviseurs des établissements du secondaire, des superviseurs et adjoints de l’éducation, des professeurs de l’éducation et des conseillers de l’éducation qui doutent de la volonté sérieuse du ministre de consacrer le dialogue avec son partenaire social. Ces syndicats ont, en effet, adressé une correspondance commune au ministère de l’Education pour statuer sur les revendications soulevées par chacun de ces syndicats, mais qui sont restées sans suite.
«Le ministère de l’Education a l’intention de laisser pourrir la situation plus qu’elle ne l’est actuellement», estime Abdelkrim Gaid, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), en qualifiant la tutelle de «sourde» et qui ignore les doléances des syndicats du secteur.
«Notre syndicat a organisé une action de protestation le 7 décembre dernier, des directeurs de l’extrême sud ont répondu favorablement au mot d’ordre. Près de deux semaines après notre action, la tutelle n’a pas daigné nous approcher pour dialoguer des raisons qui nous ont poussés à observer cette action», rappelle M. Gaid. Face à ce «mutisme», le président du Snadep compte convoquer une réunion du syndicat autour des actions à entreprendre si la tutelle ne répond pas au cours de cette semaine. Le chef d’établissement n’écarte pas également la possibilité que les cinq syndicats engagent une action en commun pour faire valoir leur plateforme de revendications.
En ce qui concerne son syndicat, notre interlocuteur insiste sur la nécessité de libérer les écoles du premier cycle de la gestion financière des collectivités locales et de les rattacher directement au ministère de l’Education nationale. «Il y a une interférence dans les prérogatives de chacun des deux ministères qui se dérobent à leurs responsabilités», clame M. Gaid qui explique que le ministère de l’Education nationale, lorsqu’il est saisi, leur signifie qu’il s’occupe uniquement du volet pédagogique, et le ministère de l’Intérieur, pour sa part, se charge de tout ce qui est lié au foncier. Il précise que depuis 2016, il existe un décret exécutif 16-226, fixant le statut type de l’école primaire et la mission des communes à l’égard des écoles primaires.
Selon la loi en vigueur, la commune veille entre autres à assurer la prise en charge des dépenses liées à l’approvisionnement des écoles primaires, la gestion des cantines scolaires avec la participation financière de l’Etat, et ce, conformément aux exigences de la carte scolaire. Mais depuis cette date, «aucune opération d’approvisionnement ou d’entretien n’a été faite dans nos cantines», dit M. Gaid.
S’agissant de la vente du livre scolaire que les directeurs ne veulent plus assumer, le président du Snadep précise que l’Office nationale des publications scolaires (ONPS) détient le monopole de la vente du livre et c’est à cet organisme d’ouvrir des points de vente à travers le centre régional de distribution de document pédagogique (CRDDP). «Un chef d’établissement n’est pas un auxiliaire de l’ONPE pour se charger de la vente du livre scolaire», explique M. Gaid. Il en est de même pour la prime de scolarité accordée aux enfants démunis. Notre interlocuteur indique que «c’est au ministère de la Solidarité nationale, qui reçoit les dossiers de parents démunis, de la distribuer et non au directeur», estimant qu’un directeur «ne suit que ce qui peut avoir un lien avec l’enseignant et l’élève». n